A Lille comme ailleurs : contrats précaires, contrats aidés, contrats de la honte
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Personnels précaires et titulaires : luttons contre la précarité dans l’Éducation Nationale !
Contrats précaires, contrats aidés, contrats de la honte !
Des dizaines de milliers de personnes travaillent aujourd’hui en contrat précaire dans l’Éducation nationale, contrats aux appellations multiples, la plus cynique étant sans doute « contrat d’avenir ». Difficile de dire exactement combien d’entre elles sont employées, combien seront licenciées par l’Éducation nationale qui, sous ses dehors service public « bon enfant », exploite avec la même férocité que dans le privé ce vivier né directement de la précarité actuelle. Le ministère a encore décidé d’aggraver les choses avec le recrutement de 5 000 contrats aidés de « médiateurs de la réussite scolaire ».
Qu’ils/elles soient contractuel-les, vacataires, assistant-es d’éducation, en « contrat d’avenir », en « CAE » (contrat d’accompagnement à l’emploi) ou autre « emploi-tremplin », ces salarié-es sont bien dans le même sac : celui des sous-contrats. À savoir, des CDD souvent à temps partiel subis, payés au smic horaire et soumis aux 3 jours de carence pour maladie quelle que soit la qualification des individus (la moitié des salarié-es en « contrats aidés » ont au moins une licence).
Les « bénéficiaires » de ces merveilleux contrats n’ont pas droit à la moindre prime de précarité à la fin d’un contrat justement totalement précaire !
Bref, ce sont les sous-travailleurs/ses de l’Éducation Nationale.
Ces contrats ne sont finalement rien d’autre que de vrais-faux contrats de travail, faisant de l’individu à la fois un vrai-faux salarié-e et un-e vrai faux chômeur/se. Ils aident surtout l’employeur qui use et abuse de ce bon filon. Le rectorat exploite, toute honte bue, ces nouveaux sous-travailleurs/ses de l’Éducation qui ne lui coûtent vraiment pas cher : le « salaire » moyen (bien entendu exonéré de toutes charges patronales) tourne autour de sept cent euros, dont les deux tiers sont financés par le Conseil Général pour les contrats aidés !
Il est éthiquement scandaleux, et socialement dangereux, de laisser se développer, au sein même d’un service public et national, de telles pratiques.
Il faut sortir du leurre des solutions individuelles, type concours internes ou autres « 3ème voie » qui sont de fausses solutions, comme on a pu le vérifier avec les emplois-jeunes. Si une minorité a pu sortir de la précarité par le haut, par le biais des concours, pour la majorité, c’est le chômage sans aucune formation après plusieurs années de service. Contre cette spirale de la précarité présentée comme une fatalité, exigeons :
la titularisation de tous les précaires sur les postes qu’ils occupent sans condition de concours ni de nationalité puis la création massive de postes statutaires ;
l’accès à des formations afin que les expériences et les compétences soient reconnues ;
l’accès aux mêmes droits que les titulaires (congés, primes, prise en compte de l’ancienneté dans le calcul des salaires...) ;
le réemploi de tous les personnels précaires mis au chômage ces dernières années ;
le rétablissement du statut de MI/SE.
Il est urgent de nous mobiliser et de lutter pour un véritable Avenir ! Plus nous serons nombreux et mieux nous pourrons mener à bien nos actions.
Tous et toutes en grève le 29 janvier !
Rassemblement devant le rectorat jeudi 29 janvier 2009 à 10h !
La grève du 29 janvier doit aussi être l’occasion de dresser la liste des revendications propres à chaque branche d’activité et de fédérer ces revendications à celles des autres entreprises ou branches d’activité. Faire converger les luttes, c’est renforcer le mouvement et favoriser la mobilisation de tous et toutes (salarié-es du privé et du public, chômeurs/ses, retraité-es, étudiant-es, lycéen-nes...).
Premiers signataires : CNT-SSEC 59/62, SUD éducation 59/62...
Le réseau Nord Pas-de-Calais contre la précarité est ouvert à tout salarié-e, association, collectif, section syndicale et syndicat désireux de lutter contre la précarité dans le monde du travail et, en ce qui concerne la fonction publique, pour la titularisation de tou-tes les précaires sans condition de concours et de nationalité.
Le réseau est longtemps resté en sommeil, la précarité étant plus que jamais présente, l’idée de le relancer a semblé nécessaire. La poursuite des initiatives du réseau s’inscrit dans la lutte contre les attaques du gouvernement et du MEDEF contre les chômeurs/ses, licencié-es, intermittent-es, travailleurs/ses immigrés et sans papiers, elle doit contribuer à la convergence des luttes contre la dégradation généralisée des droits sociaux.
Prochaine réunion : vendredi 6 février au local de "Solidaires", 84 rue de Cambrai à Lille.


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