Allocataire du RSA ou étudaint travailleur social, pour le conseil général, il faut choisir

quand les deux faces du miroir se rejoignent...
vendredi 9 septembre 2011
par  Une précaire au RSA
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On se représente communément le travailleur social comme une espèce totalement distincte du précaire, de l’usager.

Il y aurait , un aidant, salarié, et un aidé, en butte à des difficultés d’emploi, de logement, de revenu, de garde d’enfants.

Il y a ceux qui appliqueraient le RSA et ceux qui le subiraient.

C’est bien parce qu’objectivement ces frontières sont tout sauf étanches qu’il faut dresser des barrières dans la tête et le comportement des uns et des autres, quand des travailleurs sociaux ont connu ou connaîtront la précarité, quand des agents de pöle Emploi sont d’anciens chômeurs suivis et recrutés en CDD ou en contrat aidé...

Cette lettre d’une allocataire du RSA montre une fois de plus l’absurdité du système : une formation longue et qualifiante n’est pas "une action d’insertion". Surtout quant il s’agit de devenir... assistante sociale. Comment pourrait-on être à la fois allocataire soumis et travailleur social en devenir ?

Monsieur Hirsch,

Je me permets de vous adresser ce courrier afin de vous communiquer l’état des lieux de la situation dans laquelle je me trouve.

*Je suis en formation à l’ITS Pierre Bourdieu de Pau en 1ère année d’assistant de service social depuis le 29 septembre 2008

*J’ai 31 ans cette année et suis mère isolée d’un enfant de 5 ans scolarisé.

*Je suis diplômée monitrice-éducatrice depuis 2004.

En tant que monitrice éducatrice j’ai effectué de longs remplacements dans différentes structures mais à chaque fois avec des contraintes horaires (travail de nuits éveillées essentiellement ou bien en internat) posant problème quant à la garde seule d’un enfant en bas âge. J’ai passé ce concours ASS en 2008 et je l’ai obtenu. Bénéficiaire du RMI depuis juillet 2008,j’ai donc établi mon contrat d’insertion autour de ce projet d’intégrer la formation en septembre.

L’instance de validation des contrats n’a pas considéré cette formation comme constituant une « activité d’insertion au sens de l’article L262-8 du CASF ».
Il m’a alors été proposé un choix que je qualifierai d’illogique : ne pas intégrer la formation et maintenir l’accès aux droits RMI, ou bien : aller à l’encontre de cet avis et assumer seule ce projet au moins pendant 2 ans (car le RMI pourrait intervenir pour la troisième année.)

Aussi depuis le 1er Octobre je n ’ai plus de revenus.

J’ai fait appel à plusieurs associations pour m’informer sur mes droits aux financements allant jusqu’à faire appel aux fondations privées.

N’ayant plus de revenus j’ai du quitter mon logement que je louais,le village où je vivais et où mon fils était scolarisé. Je suis hébergée à titre temporaire chez mes parents à 30km de Pau et mon enfant a changé d’école.

Cette formation qui me tient à cœur, que je suis activement, mes stages qui se révèlent très prometteurs quant à mes futurs emplois, mes compétences reconnues, en évolution constante ;sont à ce jour remis en question.

Comment se fait-il que l’on ne me permette pas de valider un projet réaliste,viable,sans autre demande financière de ma part que le revenu que l’on m’octroierait sans ce projet de toute façon ?

Ma situation est bien trop précaire pour que je maintienne ce rythme de vie pendant 2 ans encore.

Qu’en sera t-il de ma situation de mère si rien ne me permet de me loger et de participer financièrement à l’éducation de mon enfant ?

Qu’en sera t-il de ma situation de femme si les moyens que je me donne pour me former,me stabiliser professionnellement,étudier dans de bonnes conditions physiques,morales et financières sont vouées à être abandonnées au profit de l’urgence d’un toit pour ma famille ?

L’entrée en vigueur du RSA me permettrait peut-être de continuer ce cursus en tant que famille mono parentale car à en croire les textes, ce public pourrait avoir accès à ces formations « longues » de ce type. Or les tests RSA mis en place par la CAF me répondent que je ne peux en bénéficier car mon enfant a plus de 3 ans et que je ne suis pas depuis « récemment » isolée. La continuité de ma formation est alors sérieusement compromise car l’urgence et la précarité dans lesquelles je me trouve sont devenues insupportables.

Aussi, Monsieur Hirsch,je vous demande de bien vouloir intervenir auprès des autorités compétentes si vous estimez que ma situation puisse faire l’objet d’un ré-examen. Certaines institutions ont été interpellées depuis le mois d’octobre 2008 : le Président de la République,le Préfet,le Président du Conseil Général 64 et je joins à ce courrier leurs lettres de réponse.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce courrier et à mon dossier et dans l’attente d’une réponse de votre part ,

Veuillez,Monsieur le Haut Commissaire aux solidarités actives,recevoir mes sincères salutations.


Commentaires

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Allocataire du RSA ou étudaint travailleur social, pour le conseil général, il faut choisir
mardi 11 octobre 2011 à 22h17 - par  FITTERE Céline

Je suis éducatrice spécialisée diplômée en 2001 et allocataire du RSA depuis 2008 après avoir touché 2 ans d’Assedic et surtout 4 ans de CDD dans diverses institutions du social (publiques et privées) sur Toulouse et une bonne dépression. Je n’ai que 33 ans.
Depuis 2 ans, je mange par les Restos du coeur et je vais voir, ce qui pourrait être ma collègue, une assistante sociale pour payer mes factures.
Le Conseil Général 31 préfère me verser le RSA plutôt que de me donner du travail. La Mairie de Toulouse préfère m’assister dans mes factures plutôt que, là aussi, me donner du boulot. Et Toulouse est à Gauche (mairie, CG, Région) : ça me fait une belle jambe !!!