CAF 93 : Zone de non droit
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Nous avons eu droit ces dernières semaines à pas mal d’images assez répétitives d’ailleurs de la Seine Saint-Denis.
Dommage que les journalistes n’aient pas été s’aventurer à la CAF de Rosny sous Bois, dont dépendent une bonne partie des habitants du départements. Ils se seraient peut-être posés moins de questions sur les raisons de la colère.
Quand nous arrivons ce matin avec nos tracts, nos journaux et notre café prix libres, il y a bien une centaine d’usagers dans la CAF, de tous âges et de toutes origines. Une trentaine de place assises, les autres allocataires attendent debout en moyenne une heure trente.
Du coup la proposition que nous faisons de venir discuter autour d’une boisson chaude a du succès. Un peu trop d’ailleurs puisque quelques minutes après notre intervention publique dans la CAF et quelques mots échangés avec la responsable, ((Mme Denicourt)), nous voyons débarquer la police.
Et oui nous avions oublié que toute réunion de nature à troubler l’ordre public était interdite par l’état d’urgence. Et des précaires qui causent devant la CAF, on sait comment ça peut finir. Les flics procèdent à un contrôle d’identité sommaire, embarquent un exemplaire de chaque tract tandis que des allocataires sortent du bâtiment et pas pour soutenir l’action des forces de l’ordre. La responsable tente vainement de démontrer aux flics que nous sommes dangereux ( « ils ont distribué des
tracts à l’intérieur « )
Une fois les flics partis, la discussion continue avec les allocataires. Nous parlons logement avec des gens qui sont hébergés dans des Hlm par les proches, une famille éclatée dont la mère est à l’hôtel avec les gosses tandis que le père zone à droite à gauche. Mr Borloo a promis d’accélérer les démolitions donc encore moins de chance d’accéder à un vrai logement.
Nous parlons précarité et exploitation dans ces entreprises de banlieue censées recréer du lien social : une femme nous raconte ses galères depuis que son mari s’est fait licencier suite à une liquidation judiciaire : plus d’un an de salaires non-payés, une procédure qui traine aux prud’hommes ( délai d’attente dans le 93 : au minimum un an ) et la Caf qui a refusé pendant toute cette période de prendre en compte son changement de revenus, lui déniant ainsi tout droit aux alllocs ou aux vacances pour les mômes .
Un monsieur lui est en conflit avec le patron d’une petite entreprise de nettoyage de Gagny : pendant plusieurs années il a bossé avec son véhicule, nécessaire pour se rendre sur les chantiers, sans aucune prise en charge de l’entretien ou des frais de carburant : mais lorsque celui-ci est tombé en panne, le patron lui a demandé de ne plus venir. Problème, ce même patron refuse de lui signifier son licenciement, le monsieur est donc totalement bloqué vis à vis des Assedic tout en ayant plus aucun salaire.
RDV est pris pour rendre visite collectivement au patron, l’union locale cgt ayant indiqué au monsieur qu’elle n’avait pas le temps.
Côté CAF, nous interviendrons collectivement pour un jeune titulaire de l’allocation adulte handicapé : suite à une erreur , il se retrouve avec un trop perçu de 3500 euros et la Caf sans lui proposer aucun échelonnement lui a tout bonnement coupé son allocation pour se rembourser.Après une longue confrontation, il aura finalement accès à une avance sur droit de 250 euros payable le lendemain en attendant le rendez-vous avec la responsable à qui nous irons rappeler qu’il existe une loi sur le minimum insaisissable.
Nous rencontrerons aussi un jeune couple avec enfant à qui les allocations ont été coupées suite à un transfert de dossier entre le val de marne et la seine saint-denis.
En tout cas lors de cette matinée d’échanges, nous n’avons rencontré aucun de ces citoyens qui réclament le retour à l’ordre dans leurs quartiers et dont les médias nous abreuvent.Au contraire, les discussions tournaient plutôt autour des moyens de lutte possible, de la répression et du ras le bol social.
A noter enfin que le prix libre marche bien devant la CAF puisque nous avons ramassé le double de l’argent investi pour le café.
Collectif Résistance au Travail Obligatoire
Nos permanences hebdomadaires en 2009 : A Paris : tous les mercredis de 13h à 14h devant la CAF Jaurès, Paris 19eme, 67 avenue Jaurès, métros Jaurès ou Laumière www.rto.org Collectif-rto@no-log.org


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