Capi Gambetta – Nouvelles mesures sécuritaires et anti-précaires de Delanoë
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Ce matin j’avais rendez-vous avec ma référente à la Capi Gambetta, pour signer mon nouveau contrat d’insertion. Comme à chaque fois (cf. ici, ici ou là), j’y suis allé accompagné d’un membre du collectif AC-RSA. Cette fois-ci, en attendant, nous avons même pu distribuer 3 tracts sans avoir droit aux habituels grognements. Comme d’habitude, ma référente vient et nous demande de la suivre pour trouver un « box » libre (on a l’impression d’être une vieille commode refourguée au débarras).
Nous partons à la chasse d’un « box », dans lequel nous entrons. Nous commençons à nous asseoir :
« Mme Q – Ah non, là il faut vous asseoir de l’autre côté, du côté de la fenêtre, et c’est moi qui m’assois du côté de la porte. Ce sont les nouvelles mesures de sécurité : le référent doit rester près de la porte pour pouvoir s’enfuir, au cas où quelqu’un lui saute à la gorge.
Moi – Ah, ben justement, c’est dommage, on pensait vous étrangler, j’avais même caché une grosse tronçonneuse dans mon sac.
Mme Q – Ah ah ah ah ah ! »
Décidément, le surréalisme paranoïaque et sécuritaire sauce Delanoë n’a pas de limites… Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon nous aurions une hécatombe à la Mairie de Paris (quoique, comme ça, au moins, on aurait la paix).
Au-delà de leur ridicule abyssal, ces mesures « sécuritaires » témoignent bien de la politique de la Mairie de Paris. Elles servent non seulement à stigmatiser davantage les plus pauvres, en les cataloguant systématiquement comme de dangereux criminels – à quand des justifications génétiques ? –, mais aussi à prévoir d’éventuels cas de débordements des allocataires, face à une pression constante ou une décision injuste émanant des équipes pluridisciplinaires et du conseil général. Elles servent, elles aussi, à faire que la plupart des précaires isolés, cèdent et acceptent tout et – surtout – n’importe quoi, jusqu’à se faire rabaisser plus bas que terre. Tout cela motivé par les directives « sociales » de la Mairie de Paris, se bornant à fixer le nombre d’allocataires à radier, et ceux à parquer dans telle association psy etc. Associations et centres d’insertions où les travailleurs sociaux n’ont presque plus de marge d’action et doivent jouer aux perroquets de Delanoë.
On peut aussi envisager d’autres cas de figures. De 2 choses l’une :
— soit ils prévoient un arrêt des versements du RSA, auquel cas, ils se doutent que des gens se retourneront contre leur référent, d’où les mesures de sécurité,
— soit la violence toujours croissante de notre monde amplifiée par les médias, les rend tout bonnement paranoïaques.
En ce qui me concerne, je pencherais pour la 1ère solution.
Mais ne craignent-ils pas que cette stigmatisation se retourne contre eux ? Si chaque allocataire apprend pourquoi il se trouve côté fenêtre, n’aura-t-il pas des envies de cogner ?
Revenons à l’entretien avec ma référente.
S’ensuit la même discussion que d’habitude sur les avancées, Pôle Emploi spectacle (que je refuse toujours), et les « fabuleux » dispositifs artistes (là aussi, je refuse toujours d’aller me faire exploiter pour en prime me faire sucrer mon revenu et me retrouver SDF).
Ma référente se dédouane systématiquement – par peur de représailles ? Selon elle, rien n’est de sa responsabilité ni de celle de la Capi, mais tout relève de l’équipe pluridisciplinaire, bien à l’abri des colères d’allocataires. Ma référente qui n’est pas à l’abri, elle, se montre de plus en plus conciliante. Cela serait-il dû à l’intervention répétée des membres du collectif ou est-elle tout simplement lasse de jouer les mères « Thénardier » ?
Une fois le contrat d’insertion bouclé, nous nous quittons.
On n’arrive à rien chacun seul dans son coin. Notre seule arme, c’est l’action collective !
Delanoë profite de l’isolement de chacun pour rôder en toute impunité les mécanismes de sa machine à précariser et augmenter le nombre de SDF.
Ne nous laissons pas faire, mettons-lui des bâtons dans les roues !
RESEAU SOLIDAIRE D’ALLOCATAIRES
Avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, la solidarité est l’arme des précaires !
Venez nous rencontrer, vous informer, rencontrer d’autres précaires pour faire valoir vos droits aux permanences de lutte du Réseau Solidaire d’Allocataires.
A Paris : Les permanences reprennent en septembre tous les vendredis de 18h à 19H à la Maison des Associations du 18ème arrondissement, 15, passage Ramey, bureau "les acacias"
métro Marcadet- Poissonniers
Contact Tel : 09 54 70 66 22
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Site : http://www.collectif-rto.orgChaque semaine, nous sommes présents devant des agences Pôle Emploi et des CAF d’Ile de France. Contactez nous par mail pour les dates et lieux exacts. Si vous nous écrivez pour un problème précis, n’oubliez pas d’indiquer votre département d’origine !


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