Ceci n’est pas un mouvement lycéen, saison 2
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L’année dernière, au coeur de l’hiver, bien loin de l’"actualité", dans les banlieues parisiennes, il se passait beaucoup de choses : des profs, des parents, des jeunes, lycéens ou pas, s’étaient mis à occuper les écoles, les lycées professionnels ou généraux.
Des grèves locales dans tous les secteurs de l’Education Nationale duraient plusieurs semaines, des routes, des gares étaient bloquées, des auto réductions improvisées émaillaient ces innombrables manifs, dans les centre villes, devant ou dans les mairies, les rectorats.
Déjà les revendications étaient multiples, plus de profs, moins de répression, des modes de garde pour les plus jeunes et après l’école, des gymnases, des papiers pour des lycéens et leur famille menacés d’expulsion.
Au bout de plusieurs mois de luttes inventives et diverses, les médias et les grandes centrales syndicales avaient décrété l’existence d’un mouvement "lycéen ", tentant ainsi une nouvelle fois de catégoriser, d’isoler et de diviser : dès que la télé avait commencé à parler du mouvement, elle avait immédiatement relégué une partie de ses acteurs au rang d’éléments extérieurs, donc de "casseurs ", de "provocateurs".
Nous avions alors publié une chronologie de ces colères, de ces actions , qui rassemblaient des jeunes et des plus vieux, et surtout des précaires, scolarisés ou pas.
Tout simplement, parce que nous, collectif de précaires, savons bien que ces divisions ne recouvrent plus rien, sont mortifères et dangereuses pour les luttes. Que le combat pour l’éducation libre et choisie pour tous concerne aussi bien les jeunes chômeurs jetés du système scolaire directement dans les bras des exploiteurs, que les plus âgés qu’on interdit de formation. Que bien des travailleurs précaires que nous croisons dans nos luttes quotidiennes, sont aussi aux heures qui leur restent, des étudiants ou même des lycéens interdits de RMI.
Cette année, dès qu’à nouveau les mêmes éclosions de colère focalisées autour de cet accès à l’éducation, mais riches de tellement plus , ont commencé, les médias et la gauche ont repris la même chanson.
Cette fois, la médiatisation est immédiate et d’ampleur : il ne faudrait pas s’y tromper cependant. Elle émane d’un pouvoir qui voudrait bien que les rayons du soleil de Grèce ne parviennent ici qu’assombris par le brouillard de la désinformation. Et le mouvement n’est en une que pour être mieux brisé : pas un sujet ou l’on ne divise les gentils "lycéens " et ces hordes inquiétantes "sans banderole ni revendication", qui voudraient "casser le mouvement".
C’est pourquoi il nous semble utile, cette fois encore d’écrire l’Histoire nous même, parce que ceux qui l’écrivent influent aussi sur la manière dont elle se fait.
Début de chrono, donc, à vous tous de l’enrichir avec le récit de vos actions.
A ceux qui font le mouvement d’en repousser les limites...
Appel des insurgés grecs d’Athènes, 12 décembre 2008
20 décembre 2008, journée de résistance globale contre l’état et ses sbires
Aujourd’hui (vendredi), l’assemblée générale de l’école Polythecnique occupée d’Athènes a décidé de faire un appel pour des actions de résistance au niveau Européen et global en mémoire de tous les assassinés, jeunes, migrants et tous ceux qui luttent contre les sbires de l’état. Carlo Juliani, les jeunes des banlieues en France, Alexandros Grigoropoulos et tous les autres, partout dans le monde.
Nos vies n’appartiennent pas aux états ni à leurs assassins ! La mémoire des frères et sœurs, amis et camarades assassinés reste vivante par le biais de nos luttes ! Nous n’oublions pas nos frères et sœurs, nous ne pardonnons pas leurs tueurs. S’il vous plait traduisez et diffusez ce message autour de vous pour une journée d’actions de résistance coordonnées dans le plus grand nombre d’endroits possible, autour du monde.
24 novembre
Sainte Geneviève des Bois
Des profs lancent une occupation du lycée la nuit. Au bout d’une semaine, ils sont une cinquantaine sur cent. Ils déclarent au Monde avoir tout simplement cherché quoi faire en plus des grèves ponctuelles. La plupart ne sont pas syndiqués. Leur objectif : tenir jusqu’au 10 décembre, date de la prochaine journée d’action des syndicats
25 novembre
Des collégiens de Lauzerte se révoltent soutenus par les parents. Deux passeront en Conseil de discipline, dont l’un sera définitivement exclu pour cette initiative qui a rassemblé une centaine d’élèves.
Voici leur tract
CHANGEONS LE SYSTÈME SCOLAIRE
Le système nous pourrit notre indépendance, il nous lave le cerveau, nous dirige comme le berger dirige ses moutons, détruit notre autonomie à l’intérieur des murs semblables à ceux d’une prison.
Organisons nous pour plus d’autonomie ! Venez le Lundi 24 novembre pour en discuter à 12h30 aux tables de ping pong. (En cas de pluie : rendez-vous dans le hall d’entrée)
Nous, 3ème, voulons plus d’autonomie comme les mardi après-midi lors des 3h d’études ou lors des absences des profs alors que les élèves doivent rester au collège enfermés comme un prisonnier dans sa cellule. De nombreux établissements publiques du tarn-et-garonne laissent les élèves sortir pendant les heures d’études.
Nous soussignés les auteurs de ce tract : Les 2 hooligans collège de Lauzerte (82)
8 décembre
Les lycéens et bien d’autres manifestent à Lyon.A Lyon, une banderole ("Vive le feu ! Solidarité avec les émeutier-e-s grec-que-s !") est déployée.
9 décembre
Un tiers des éducateurs judiciaires sont en grève en Seine-Saint-Denis pour dénoncer la mise en place annoncée de l’incarcération des jeunes à partir de douze ans
Mouvement de grève des profs appelé par les centrales syndicales
Paris, Saint Lazare : A Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en fin d’après-midi devant la gare Saint-Lazare. Beaucoup de manifestants, étudiants comme enseignants, étaient venus déguisés en Père Noël.
A Montpellier, entre dix-sept cents et trois mille personnes ont manifesté. Le cortège, composé d’enseignants, de lycéens, d’étudiants, de parents d’élèves et retraités de l’éducation nationale, a défilé aux cris de "Darcos, t’es foutu", ou "Non à la suppression des Rased". Trois mille postes au sein des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) doivent être supprimés l’an prochain.
Entre mille et quinze cents personnes, selon les estimations, ont défilé dans les rues de Toulouse .
Près de deux mille personnes, selon la police, manifestaient dans l’après-midi à Bordeaux, en majorité des lycéens. D’autres rassemblements ont émaillé la journée de mardi, au cours desquels plusieurs lycéens ont été interpellés.
A Cherbourg, entre mille et quinze cents lycéens, selon les estimations, se sont rassemblés dans la matinée. D’autres manifestations et blocages de lycées ont été signalés dans de nombreuses villes de l’Ouest, perturbant parfois la circulation, comme à Saint-Nazaire ou au Mans.
10 décembre
Aix en Provence : plusieurs centaines de lycéens bloquent un boulevard périphérique pendant plusieurs heures avant que la police ne parvienne à les déloger Nimes : tentative de blocage du lycée. La direction prétexte l’agression pour déposer une plainte
Dans les Bouches-du-Rhône, 17 lycées sont perturbés et deux sont bloqués. Dans le Vaucluse, sept lycées sont perturbés et trois bloqués, un autre est bloqué à Gap (Hautes-Alpes).
En Midi Pyrénnées plus d’une quarantaine d’établissements ont été touchés par des manifs ou des mouvements divers
Rennes : manifestation de plusieurs milliers de personnes
Nantes : 1400 personnes défilent, une vingtaine d’établissements sont bloqués. Les lycéens veulent manifester leur solidarité avec les insurgés grecs mais le consulat est préventivement bloqué par les CRS
Quimper : manifestation de plusieurs centaines de personnes
Des manifestations réunissant plusieurs centaines de lycéens ont également eu lieu dans de nombreuses autres villes de l’ouest, notamment à Landerneau (Finistère) Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Vannes (Morbihan)
Lille : plus de 400 personnes en manif.
Brest : tentaive de blocage d’un pont. Charge de la police et répliques diverses des manidestants.
Vendée : plusieurs centaines de manifestants à l’occasion de la venue de Dominique Bussereau qui inaugure le TGV et ne viendra pas à la rencontre des lycéens
Marseille : sixième jour de blocage du lycée Victor Hugo
A Bordeaux, un lycéen de 18 ans qui avait frappé un policier a été condamné à trois mois de prison ferme
Villeneuve sur Lot : blocage du lycée Georges Lègue puis manifestation parents/lycéens à la mairie puis à la Préfecture. Le blocage est reconduit pour le lendemain et une AG parents/profs/élèves est prévue
12 décembre
La Réunion Près de 5.000 lycéens ont manifesté aujourd’hui à la Réunion pour protester contre le projet de réforme des lycées du gouvernement et quelques incidents avec les forces de l’ordre se sont produits.
Les manifestations se sont déroulées principalement dans cinq villes de la Réunion et ont donné lieu à Saint-Pierre (sud de l’île) à des échaufourrées avec les policiers. Un groupe de jeunes, qui voulait forcer les grilles de la sous-préfecture, a été repoussé fermement par les forces de l’ordre et un jeune a été légèrement blessé. Il a pu regagner son domicile après un passage à l’hôpital.
Selon le rectorat de la Réunion, 15 lycées sur 41 ont été touchés par le mouvement. Un lycée a été bloqué par les manifestants. Des barrages filtrants ont été installés devant une quinzaine d’autres. Environ 5.000 personnes ont manifesté, dont 2.200 à Saint-Pierre, 1.500 à Saint-Denis et plus d’un millier dans l’est de l’île, selon les chiffres fournis par le rectorat et les lycéens. Plusieurs centaines de collégiens ont également débrayé et manifesté
Agen Dès 7h30 blocage de plusieurs lycées. Bref envahissement des voies à la gare à l’arrivée des lycéens d’Aiguillon venus renforcer les actions prévues. L’après midi , cortège dans les rues de la Ville et occupation de la Mairie. Nombreux tags dont un immense « Résiste « sur la porte d’entrée d’un des lycées
Toulouse Débrayage dans les lycées généraux et dans les lycées professionnels. Les syndicats des premiers empêchent les seconds d’entrer dans les établissements. Cortège sauvage en pleine ville, plusieurs autoréduction dans les magasins. Les étudiants de l’IUT appellent à se joindre à la prochaine manif prévue mardi
Lannemezan Occupation des voies de la gare SNCF pendant plus d’une heure, nombreux trains retardés
Manifs de 1000 à 2000 personnes à Caen, Nantes, Saint Nazaire , Bordeaux, Niort.
Libourne : blocage du lycée agricole
Lille Environ cinq cent lycéens défilent toute la journée, devant les lycées, dans les rues, pour finir devant le rectorat protégé par les CRS
13 décembre
A Nantes, des manifestants solidaires des émeutiers grecs se sont réunis devant le consulat grec avec des banderoles et tracts malgré la forte présence policière. ils ont ensuite perturbé le marché de noël.
Manifestations de solidarité, avec tags sauvages, blocage de rues, accrochages de banderoles souvent attaquées par la police à Grenoble, Paris
14 décembre
Amiens : deux lycées sont bloqués depuis le huit décembre. Plusieurs dizaines de personnes sont évacuées par la police de l’un d’eux occupé jour et nuit.
Les actions en solidarité avec les insurgé(e)es grecques sont tirées de la chronologie internationale et constamment mise à jour sur le site de Non Fides


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