De la répression et de la résistance, d’une fac à l’autre, retour sur un mois de novembre très chaud

samedi 1er décembre 2007
par  collectif rto
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Bilan de la répression au 29/11 : 38 interventions policières

6/11

La Sorbonne évacuée. Des étudiants venus occuper les locaux de la Sorbonne, à Paris, ont été délogés par les forces de l’ordre dans la nuit de mardi à mercredi, selon Reuters. Une centaine de personnes auraient été évacuées sans incident.

Nantes UFR sciences humaines : Fac bloquée, le vote a réuni 600 étudiants, évacuée par la police peu après 21H00. Environ 200 étudiants avaient l’intention de continuer le blocus durant la nuit et de dormir sur place mais, à la demande du président de l’université, quelque 80 agents des forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation des étudiants, a indiqué à l’AFP Michel Vilbois, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique. L’évacuation s’est faite "sans bousculade et sans violence", a précisé M. Vilbois.

Tolbiac : 1.400 étudiants de l’université Paris I ont voté le blocage et l’occupation de Tolbiac jusqu’à la prochaine assemblée générale, prévue vendredi. La police a évacué mercredi soir, après 22HOO, les locaux de Paris I situés rue de Tolbiac, dans le XIIIe arrondissement. Les étudiants, qui occupaient les lieux sont sortis "dans le calme, sans discuter. La préfecture de police, qui agissait sur réquisition du président de Paris I, a confirmé à l’AFP "l’évacuation de 75 personnes, sans incident et sans interpellation".

9/11

Aix en Provence : à 22h00, alors que les étudiants de la faculté de lettres mobilisés contre la loi d’autonomie des universités occupaient les locaux du site Schuman, ils ont été violemment évacués. Plus de 60 CRS ont pénétré dans l’enceinte de la faculté et ont encerclé les grévistes afin de les pousser vers la sortie. Les étudiants ont réagi calmement et sont restés solidaires en formant une chaine. Ils n’ont pas opposé de résistance aux forces de l’ordre et ont quitté les lieux à la troisième sommation. Des heurts ont eu lieu lors de cette évacuation, mais il ne fut procédé à aucune arrestation.

12/11

Nanterre : à 11h00, les CRS entrent sur le campus bloquent l’entrée de l’amphi où l’AG était prévue. 200 étudiants sont restés face aux CRS et la tension est montée, finalement selon l’AFP quelques uns on tenté de forcer le passage entre les boucliers des CRS qui les ont arrosés de gaz lacrymogènes. Finalement les étudiants sont revenus en brandissant des livres sous le nez des CRS appuyant leur geste par les slogans : "Des bouquins, pas des matraques !", "la police hors des facs". Selon le témoignage d’un étudiant très engagé cela ne s’est pas passé comme l’AFP le prétend : Une centaine de membre de la police nationale et de la gendarmerie mobile (unité de prévention) charge et gaze les étudiants grévistes à hauteur des bâtiments A et B. Tout cela sous les applaudissements de la direction de l’université et des réactionnaires. Face à la résistance et au nombre des étudiants ( 300 environs) aucune interpellation ne fut effectuée.

L’AFP ne dit pas non plus qu’une AG a tout de même eu lieu (environ 1500 étudiants) avec une force présence des militants UMP.

Ces derniers ont eu comme consigne de venir en force sur Nanterre pour voter contre le blocage. Le blocage est finalement reconduit par 900 voix contre 500

13/11 : journée de pointe avec 5 interventions et les premières arrestations

Nanterre : nouveau face à face entre grévistes et CRS. en milieu de matinée : les forces de l’ordre ont par deux fois délogé des étudiants grévistes à coups de matraque, afin de permettre l’accès d’un bâtiment à des étudiants non grévistes. Des coups de matraque ont volé et une étudiante touchée au dos est tombée, sans conséquence apparemment. Les manifestants ont été repoussés par des gaz lacrymogènes. source : dépêche AFP de 12H05. Les étudiants de l’UFR de STAPS ont voté la grève.

On peut voir sur le film 2 étudiants avec le bras droit levé et 2 autres avec le poing droit levé qui acclament les CRS les autres anti bloqueurs se contentent d’applaudir : http://www.rue89.com/2007/11/13/nan...

Il y a eu plusieurs blessés, ce qui a donné lieu à des hospitalisations, comme celle de Sinan, un étudiant aveugle, tabassé et aspergé de gaz lacrymogène, ou encore celle de Mylène sauvagement molestée et finalement blessée au dos avec plusieurs contusions.

sur daily motion on peut trouver des films où on voit un prof s’insurger et appeler ses collègues à refuser d’assurer leurs cours sous la protection des CRS.

Sorbonne : AG de 600 vote le blocage, 400 étudiants sont maintenus à l’extérieur de la Sorbonne par un cordon de police.

Tours La BAC arrête 2 étudiants.

RENNES selon un contact, les étudiants ont tenté une première fois de prendre la gare mais n’y sont pas parvenus (présence de 16 cars de CRS/gendarmes mobiles). Ils ont ensuite tenté de prendre la rocade où ils ont une nouvelle fois échoué. C’est en retournant en centre ville que les premiers incidents ont débuté. Les manifestants ont jeté sur la route tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage. Les flics ont répondu par des lacrymogènes. Les manifestants les ont alors caillassés. A 16h45, les étudiants de Rennes signalaient déjà 5 arrestations dont certaines ciblées (un membre de Sud Etudiant notamment). Plusieurs personnes interpelées par la police ont été relâchées. Seules 2 personnes seraient poursuivies dont une pour violence sur agent.

Grenoble : Intervention des CRS (entendu sur france inter mercredi 14/11 au matin). Une quarantaine d’étudiants de l’université de Grenoble/Saint-Martin d’Hères (Isère), qui venaient d’investir l’amphithéatre de l’université III Stendhal (lettres), ont été évacués par la police dans la soirée de mardi, a-t-on appris mercredi de source policière. L’intervention de la police, vers 22H00, à la demande du président de l’université Patrick Chezaud, s’est déroulée sans heurts, selon la même source. Réunis en assemblée générale mardi après-midi sur le campus, près d’un millier d’étudiants avaient reconduit la grève et décidé une occupation des locaux. Suite à cette occupation, trois étudiants ont été placés en garde-à-vue pour avoir pris sur un chantier du matériel (dans l’objectif de barricader le bâtiment occupé).

http://grenoble.indymedia.org/index...

14/11

Six étudiantes qui avaient retardé des trains en occupant des voies mardi 13 novembre à Rouen ont été convoquées mercredi pour le 26 février devant le tribunal correctionnel pour répondre « d’entrave à la circulation d’un véhicule de chemin de fer ».

Grenoble, le blocage de la fac est total. En début d’après-midi, un assez important cortège étudiant rejoint la manif des cheminots. A la fin de cette manif, une partie des étudiants se dirigent en manif sauvage vers le comico, en vue d’exiger la libération des trois personnes placées en garde-à-vue la veille. Quand la manif sauvage arrive devant le comico, plein de flics armés protègent le lieu, mais les trois étudiants sont dehors, libres (et semble-t-il sans poursuites judiciaires).

Les étudiants qui bloquaient l’université de Rennes 2 ont été évacués par la police dans la nuit de mercredi 14 à jeudi 15. Vers 2 h du matin, un vent de panique se met à souffler sur la fac. Un escadron de gendarmerie mobile, une compagnie de CRS et la section d’intervention du commissariat de Rennes investissent le parking de l’université. Une trentaine de fourgons au total et 180 hommes. Un cordon de CRS contourne d’abord le bâtiment avant de pénétrer dans les lieux occupés sans se heurter à la moindre résistance. Les chaînes et les barricades ne tiennent pas longtemps. En quelques minutes, les forces de l’ordre sont à l’intérieur. Les étudiants sont réunis au milieu du hall dans le calme. Pas un coup de matraque n’est donné. ils sont sortis sans opposer de résistance abandonnant sur place, fauteuils, canapés, sacs de couchage, matelas, réserves alimentaires.

15/11 à nouveau une grosse journée avec 5 interventions policières

Grenoble, le blocage de la fac continue. Des étudiants vont à l’AG des cheminots, qui continuent leur grève également. En fin d’après-midi, entre 130 et 150 personnes se réunissent en comité de grève dans une des (petites) salles de l’Agora. Ils décident d’occuper un amphi, et plus si affinités. Cette fois, direction Grenoble 1, les deux autres facs étant fermées administrativement. Réuni dans un amphi, le comité de grève continue. Et vers 22h, la présidence se pointe et "demande" la même chose que mardi soir : "vous dégagez de vous-mêmes ou les flics viendront vous dégager". Des CRS accompagnés de la BAC expulsent les étudiants qui occupent l’amphi. Dehors, quelques bousculades ont lieu, un étudiant se fait traîner par les cheveux, il est arrêté momentanément puis relâché quelques dizaines de minutes plus tard, sans poursuites.

Occupation Sorbonne 1 : 22h06 : La sorbonne est toujours occupée par une centaine de personnes qui se sont barricadées dans une salle au 1er étage (rue Victor Cousin). L’intervention des flics semble imminente. (22h48) : La Sorbonne a été évacuée à l’instant par les Gardes Mobiles. Aucune interpellation à déplorer. Jeudi soir, la police a évacué sans incidents 50 étudiants qui occupaient l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, puis, 80 autres qui bloquaient le deuxième étage de l’université au coeur du Quartier latin, a précisé la préfecture de police.

Lyon 2 également évacué suite à l’intervention des CRS ce soir à 22h30. Environ 200 personnes ont occupé la fac des quais , barricadés dans un amphi. Une quinzaine de cars de CRS, police et gendarmes mobiles arrive dans les rues autour de la fac. A l’intérieur, le mot d’ordre était de les attendre et de sortir groupés, sans pour autant leur faciliter la tache (fermeture à clé de l’amphi, barricade à l’intérieur). Les médias sont présents à l’intérieur et a l’extérieur. Les CRS défoncent les portes (du bel amphi Laprade tout beau tout neuf) accompagnés du vice président, et nous demandent de sortir. Refus au départ, puis ils tentent de chopper des gens un à un, ça résite un peu, puis on commence à sortir a quelques uns, tirés par les CRS. Dans la fac, c’est une haie de CRS qui nous escortent jusqu’à la sortie ou les journalistes prennent des photos. Tout le monde finit par sortir sous les slogans : "police partout ! justice nulle part !" ;. A priori, pas d’arrestation. Faire appel aux forces de l’ordre pour évacuer l’université est un fait rare dans l’histoire de Lyon 2 considérée comme progressiste. Voir le film sur

http://www.lyoncapitale.fr/index.ph...

Nantes : A 23 heures, 100 CRS ont évacué les cinquante étudiants qui occupaient pour la quatrième nuit concécutive le batiment de lettre "Le Tertre". 6 fourgons, les CRS explosent les portes pour rentrer (et on va être tenu responsable pour ça bien sûr comme nous l’a expliqué la présidence) et sortent les occupants à coup de matraque, apparemment certains se sont fait mal (ou on leur a fait mal ...). La répression augmente alors que le mouvement prend de l’ampleur (blocus de droit et de sciences voté hier et aujourd’hui !). Aucune info concernant d’éventuelles arrestations. Cettedécision d’expulser la faculté n’a pu être pris que conjointement entre le président de l’université nantaise et le préfet (qui lui reçoit ses ordres des plus hauts responsables de l’état). "Pourquoi le gouvernement cherche t’il l’affrontement ?"

Strasbourg A l’AG de midi dans l’amphi 1 de l’Université Marc Bloch avait été votée l’occupation (et pas le blocage) de cet amphi.Le Président de la Fac, fait intervenir les forces de l’ordre pour évacuer : lacrymo, pas de blessés, pas d’arrestations...juste un "cordon bleu" devant la fac...

16/11

Ce matin à la Sorbonne, la police (flics en civil avec brassard police) est intervenue très violemment, avec les vigiles, contre les grévistes rassemblés pacifiquement devant la porte du Conseil d’administration de Paris IV. Une arrestation a été effectuée.

Montpellier 3 (Paul Valery) a été évacuée a 6 heures ce matin, elle était bloquée par une cinquantaine de personnes depuis plusieurs jours. L’opération s’est déroulée sans incident. Les étudiants sont venus se réfugier à la fac de sciences. La police était sur place peu avant 8H00 afin de filtrer les entrées, a indiqué une source policière au journal Libération. Selon Europe1 , 5 personnes ont été arrêtées. Ecoutez le récit de l’évacuation de l’université Montpellier 3 avec Yann Terrou.


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