Demander des papiers pour tous, c’est exiger l’égalité

dimanche 27 avril 2008
par  CACP Angers
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Sans pap, chômeurs, salariés, même combat !

Qu’est-ce t’il derrière le terme « sans-papiers » ?

Des hommes, des femmes et des enfants, qui par le seul fait de « ne pas avoir de papiers » se retrouvent dans une situation de précarité aggravée.

Sans-papiers, tout devient plus compliqué : difficile de se loger, de se déplacer et bien sûr de travailler. Et là est toute l’utilité économique du sans-papiers qui, dans un système capitaliste d’exploitation de l’homme par l’homme, fournit la main-d’œuvre la plus corvéable et la plus facile à opprimer.

Pour les profiteurs du capital, il est vital de dominer en divisant les travailleurs. Le chômage permet de mettre la pression sur les travailleurs pauvres, qui, à leur tour, mettent la pression sur les travailleurs moins précarisés.

Mais dans cette sinistre échelle dite sociale, ce sont les sans-papiers qui occupent le dernier rang.

Dernier rang économique : du fait de leurs non-droits et de l’écrasement des lois (tracasseries administratives, menaces constantes d’Obligation de Quitter le Territoire Français, peurs du contrôle d’identité et du placement en rétention par des flics poussés par leur hiérarchie à respecter les quotas d’expulsion …), les sans-pap acceptent de travailler pour de faibles salaires (déclarés ou non).

Dernier rang social : car les sans-papiers sont stigmatisés comme ceux qui viennent prendre le travail des autres. Hors ils consomment comme tout un chacun et participent donc à la création d’emplois. Alors pourquoi cette mystification ? Le procédé est classique : pour éviter la remise en question du système il s’agit de diviser au maximum les travailleurs. Et l’étranger, celui que l’on ne connaît pas, celui qui est différent, représente le bouc émissaire parfait, lorsque le contexte socio-économique se durcit. En instrumentalisant la peur de l’autre, l’Etat transforme la révolte du travailleur contre la classe dirigeante en haine du travailleur contre son frère le sans-papiers avec qui il partage pourtant les mêmes intérêts. Beaucoup de travailleurs ont conscience d’être exploités. Mais ces prises de conscience individuelles et les luttes locales qui leurs sont associées ne débouchent pas vers une prise de conscience collective, synonyme d’unité des luttes.

Demander des papiers pour tous, c’est réclamer l’égalité.

C’est s’opposer frontalement à l’Etat dont le rôle est au contraire de maintenir l’inégalité, base du fonctionnement capitaliste. En soutenant les sans papiers nous soutenons nos propres luttes.

A l’heure ou la rétention s’industrialise avec de plus en plus de centres et avec une durée d’emprisonnement qui va peut être bientôt atteindre 18 mois comme dans d’autres pays européens, la solidarité avec les sans papiers est plus que jamais nécessaire.

La lutte est montée en intensité depuis plusieurs mois dans les centres de rétentions (nombreux cas de rébellions et de grèves de la faim) et sur les lieux de travail (mouvement d’occupations d’entreprises en île de france). Mais de l’autre côté des barbelés, force est de constater que le mouvement de solidarité ne suit pas ou que trop peu.

Or ce n’est qu’en commun que nous pourrons avancer. Les bloquages et rassemblements de soutien devant les Locaux et les Centres de rétentions administrative (LRA et CRA) sont vitaux pour les luttes qui s’y déroulent à l’intérieur. Si les retenus se sentent soutenus et peuvent bénéficier de l’extérieur pour mieux s’organiser en interne, les actions seront plus efficaces et la répression moins violente, du fait de la crainte de la médiatisation des violences policières.

Concernant les occupations d’entreprises, par les salariés sans-papiers, ces actions ne doivent pas se limiter aux salariés grévistes, en individualisant les cas, mais elles doivent s’étendre à tous les salariés sans-papiers dont on comprend bien que beaucoup n’osent se rebeller contre leurs employeurs par craintes des représailles. A côté de cela, le soutien et l’accompagnement journalier sont indispensables. Beaucoup d’organisations s’occupent des sans-papiers (ce qui ne signifie pas forcément beaucoup de millitants) mais leurs différences politiques aboutissent à des actions séparées, hormis lors des grandes manifestations spectacle, nécessaires si elles accompagnent les luttes. Les sans-papiers organisés freinent également parfois le combat en se regroupant par zones géographiques, par tendances religieuses ou identitaires.

Aussi, il est temps d’inventer une nouvelle culture de lutte en dépassant nos différences. A la régularisation au cas par cas et aux politiques d’expulsions, que nous imposent les gouvernements et l’administration, opposons toujours la lutte globale :

Halte aux exclusions : du travail, du logement, du pays … Destruction des centres de rétention Libertés de circulation et d’installation pour tous Régularisation de tous les sans-papiers

Collectif d’Action Chômeurs-Précaires Angers cacp@no-log.org


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