Eté Précarité : pas de sous pour la plage ? Faites des vagues !

dimanche 26 juillet 2009
par  Réseau Solidaire d’Allocataires
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L’été des précaires ?

Pas plus de vacances que l’année dernière, mais l’application féroce des nouvelles contraintes liées à la mise en place du RSA et à la généralisation de la loi Offre Valable d’Emploi.

Au Réseau Solidaire d’Allocataires, pas question d’attendre la rentrée et de se laisser manger.

La permanence de lutte continue tout l’été, de 13h à 14h devant la CAF Jaurès, métro Laumière, chaque mercredi.

Actions de solidarité autour d’une radiation, d’un trop perçu, ou d’un refus de droits quel qu’il soit, mais aussi actions plus globales, ce mois de juillet, on n’a pas chômé....

Vous n’osez pas venir ?

Vous vous dites qu’à trois pelés, deux tondus de précaires, on n’arrive à rien, et qu’il vaut mieux attendre la veille du Grand Soir ?

Voici quelques exemples des résultats obtenus par le simple accompagnement collectif, à moins de vingt personnes, dans divers lieux de contrôle et de précarisation à Paris et en banlieue.

Pôle Emploi Boucicault (75015) 1er juillet

Mme S. est radiée pour deux mois, suite à son absence à la convocation du 5 juin 2009.

L’un de ses enfants est déscolarisé pour cause de maladie grave depuis avril. La semaine de la convocation, son état de santé nécessite la présence constante de sa mère à ses côtés.

Seule Mme S. a tout tenté pour éviter la radiation, parfaitement illégale : elle a appelé le 39 49 avant le rendez-vous, envoyé un certificat médical juste après. Celui-ci n’a pas empêché l’envoi d’un avis avant radiation, puis de la radiation elle même.

Juste après l’envoi de celle-ci, Mme S. s’est présentée avec une vingtaine de pages de dossier médical, refus de revoir le dossier.

Ce mercredi, la présence de moins de dix précaires solidaires fait sortir la directrice adjointe de son bureau. Elle tente de temporiser, prétextant ne pas avoir le pouvoir d’annuler la radiation seule.

Nous refusons de quitter les lieux et lui imposons de contacter la direction départementale. Celle-ci ordonne l’annulation immédiate, et la réinscription rétroactive.

Cellule d’Appui pour l’Insertion ORFILA (75020) - 6 juillet

Mr L. a rendez-vous pour son premier contrat d’insertion RSA.

Comme tous les membres du Réseau Solidaire d’Allocataire, il applique la règle d’or de la survie en Zone de Contrôle Intense, il ne se rend jamais à un rendez-vous seul, mais se fait accompagner par un autre allocataire du Réseau, à charge de rendre la pareille ensuite.

Rsastes, chômeurs indemnisés ou précaires en emploi, au Réseau, nous sommes donc tous accompagnés et accompagnateurs, ce qui permet de créer de la conflictualité permanente et collective, de nous auto-former aux mécanismes de gestion de la pauvreté, et de renverser immédiatement le rapport de forces qui met habituellement le précaire isolé en situation de faiblesse par rapport à son référent.

Mr L. est traducteur littéraire, une "cible" type pour le Département de Paris, qui considère que ce type de métiers n’est pas assez rentable et tente systématiquement de pousser les concernées vers des boulots alimentaires sans intérêt, qui bouffent tout leur temps et les empêchent de trouver du taf dans leur propre branche.

Mr L. a donc droit à l’artillerie lourde : la référente tente de lui placer dans l’ordre, un stage de coaching, une orientation vers le dispositif "Artistes et Communication" pour évaluer sa rentabilité, et la signature d’un contrat d’insertion le plus court possible.

Seul, difficile de résister à l’argument " C’est comme ça, c’est pas autrement, surtout avec le RSA, vous n’avez plus le choix."

La présence d’un accompagnant permet de partager la pression, et de s’enquérir , fermement mais courtoisement des dispositions précises qui imposeraient de telles obligations, sans latitude aucune pour le précaire de suivre ses propres démarches.

Or, de telles dispositions n’existent nulle part dans la loi et le décret RSA. Celui fixe certes un cadre de contrôle et de harcèlement beaucoup plus étendu que le RMI. Cependant, il maintient la fiction du contrat, c’est à dire la possibilité pour l’allocataire de proposer des actions autonomes d’insertion.

La présence d’un accompagnant, c’est aussi la certitude pour la structure d’insertion d’avoir ensuite à justifier sa décision en cas de suspension des allocations pour refus d’insertion, c’est l’assurance que tout ne se passera pas en douce dans un bureau et que le précaire exercera tous les recours possibles parce qu’il n’est ni seul, ni sous informé.

Résultat : le contrat d’insertion est signé pour six mois, et Mr L ne s’y engage qu’à son propre projet

Pôle Emploi Créteil - 7 juillet

En mai 2009, le père de Mme S décède, elle doit partir immédiatement dans son pays d’origine, à l’autre bout du monde et y rester quelques semaines.
Le 39 49 n’est pas accessible de l’étranger et dans l’urgence, évidemment, elle n’a pu contacter son référent Pôle Emploi avant son départ. Sa fille est passée plusieurs fois à l’agence pour expliquer la situation, mais en vain.
A son retour, dans sa boite aux lettres, une convocation , un avis avant radiation et une radiation définitive.

Elle présente à l’agence le certificat de décès de son parent, les billets d’avion, le visa, mais on lui rétorque que c’est trop tard.

Visite collective à l’agence : la direction tente d’abord la fin de non recevoir, le "Vous n’avez qu’à faire les recours par écrit", mais devant l’occupation des locaux qui prend forme, elle annule immédiatement la radiation.

Pôle Emploi Philippe Auguste (75011) - 16 juillet

Mr G. est radié pour absence à convocation.

Pour la raison la plus banale et la plus difficile à faire valoir : il n’a pas reçu cette convocation.

Bien sûr, au Tribunal Administratif, Pôle Emploi n’a aucune chance, car c’est à eux de prouver que l’allocataire a reçu la convocation et ne s’y est pas rendu, et pas au précaire de prouver qu’il ne l’a pas reçu, ce qui est évidemment impossible.

Seulement, voilà, le Tribunal Administratif, c’est long, et en attendant deux mois de revenu en moins, c’est la plongée en précarité profonde.

La pression collective, quatre pelés, trois tondus, soit sept fauchés qui braillent et distribuent des tracts dans l’agence, c’est une radiation annulée par la direction en quelques dizaines de minutes seulement !

* * * * * * * * *

Au mois de juillet, Le Réseau Solidaire d’Allocataires a aussi organisé des Chasses au Trésor Estivales :

- à la CAF de Boulogne (92) et à la Mairie de Chaville (78) http://www.collectif-rto.org/spip.p...

- à Pôle Emploi Guy Moquet ( 75017), dans le cadre des "Ateliers mobiles Du Petit Théâtre du RSA

http://www.collectif-rto.org/spip.p...

- une nouvelle visite guidée a été organisée au Pôle Emploi Créteil, suite au succès rencontré par la première

http://www.collectif-rto.org/spip.p...

Et quand le temps est trop moche pour partir en balade, des activités sont organisées sur notre lieu de permanence, la CAF Jaurès présentant l’avantage de tellement précariser ses allocataires qu’il y a toujours une occupation à y faire !

http://www.collectif-rto.org/spip.p...

Bref, si cet été malgré ça, vous vous morfondez, si à la rentrée vous n’avez que vos balades esseulées à Paris Plage à raconter, c’est que vous l’aurez bien cherché !

RESEAU SOLIDAIRE D’ALLOCATAIRES

- Contrôle CAF, refus du RSA ?
- Avec le RSA vos revenus baissent et vous n’y comprenez rien ?
- On vous refuse la prime pour l’emploi
- Vous galérez avec la CAF, l’ANPE, la Sécu, ou les services sociaux ?

Avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, la solidarité est l’arme des précaires !

Venez nous rencontrer, vous informer, rencontrer d’autres précaires pour faire valoir vos droits aux permanences de lutte du Réseau Solidaire d’Allocataires.

A Paris : tous les vendredis de 18H à 19H30 à la Maison des Associations du 18ème arrondissement, 15, passage Ramey - bureau "les acacias" 1er étage.
Métro Marcadet Poissonniers
Contact Tel : 09 54 70 66 22
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Site : http://www.collectif-rto.org

Chaque semaine, nous sommes présents devant des agences Pôle Emploi et des CAF d’Ile de France. Contactez nous par mail pour les dates et lieux exacts. Si vous nous écrivez pour un problème précis, n’oubliez pas d’indiquer votre département d’origine !


Commentaires

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Eté Précarité : pas de sous pour la plage ? Faites des vagues !
jeudi 20 août 2009 à 11h36 - par  Jaja

Avant d’être radié, il faut déjà avoir le droit aux allocations. Mon parcours de combattant à Lille.

Fin 2008, j’ai eu le malheur de me démissionner de mon CDI. Je suis repartie à mon pays d’origine pour 6 mois pour terminer mon diplôme à l’université (après 6 ans de pause à cause de mon installation en France et des soucis de santé). Pendant 6 mois, je demande rien à personne, je bosse et j’obtiens enfin mon diplôme bac+4. Alors, je rentre en France, logée gracieusement chez une amie et je tente de m’inscrire aux Assedic. Je rempli un dossier pour justifier ma démission et montrer que j’avais commencé à chercher du travail même avant de rentrer en France. Le dossier passe devant la commission paritaire et 1 1/2 mois plus tard la réponse tombe : REFUS ! Les études ne sont pas une bonne raison pour démissionner et mes recherches d’emploi ne suffissaient pas. On m’avait conseillé (pôle-emploi) de mettre les justifs pour une dizaine de candidatures avec mon dossier mais ça n’était pas assez. Bon, je comprends.
Alors, j’imprime les 50 candidatures envoyées avant le dépôt de mon 1er dossier et je me rends aux Assedic. J’apprends que ma contestation passera en commission paritaire 1 mois plus tard !

Comme je suis sans ressources depuis fin 2008 (0€), je me rejouie de ma bonne idée d’avoir envoyé une demande de RSA en même temps avec mon dossier Assedic, reçu début juillet par la CAF.
Je contacte ma CAF plusieurs fois par tél pour savoir à quel moment je pourrais à prétendre à qqs euros. On me dit que le traitement du dossier prend 40 jours et l’argent arrivera une semaine plus tard sur mon compte. Je suis mon dossier sur Internet avec l’angoisse.
Mi-août je trouve suivant :
"Nous avons reçu votre courrier le 11/08/2009
Votre dossier a été traité le 11/08/2009.

Nous avons reçu votre demande de RSA et les documents joints le 07/07/2009
Attention, nous attendons le complément d’information que nous avons demandé le 11/08/2009
."

Mais je n’ai rien reçu comme demande ni envoyé comme réponse ! J’appelle la CAF et j’apprends qu’il manque une copie de ma carte vitale (pas demandé dans les PJ du dossier). Je dois aller à l’accueil de la CAF pour donner cette copie pour qu’il puisse continuer à "traiter" ma demande. Et le traitement prend 40 jours !!