GREVES : semaine du 5 juin 2006
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NORMANDIE
Grève : vive le salariat qui ne se rend pas !
140 sur 170 employés en grève chez Gevelot à Offranville en Normandie pour l’augmentation de leurs salaires. « Nous disons Non à la misère ». Sur les 170 employés de l’entreprise de métallurgie Gevelot Extrusion, à Offranville, près de 140, soit 94 % des ouvriers, sont en grève et bloquent l’établissement depuis mercredi soir. Il sont soutenus par deux syndicats, la CGT et la CFDT.
Leur principale revendication : une revalorisation des salaires de 200€ par mois. Les ouvriers grévistes, spécialisés dans la fabrication d’arbres de boîtes de vitesse pour Général Motors et PSA, réclament, outre l’augmentation de salaire, 20 % de prime de nuit (au lieu de 15 %), une augmentation de 70€ par mois de prime de quart et une revalorisation des primes de panier et de transport. Le directeur de l’établissement d’Offranville n’envisage pas de négociations.
PARIS
Grève à la Cinémathèque
Suite à une procédure de licenciement envisagée à l’encontre d’une salariée de l’accueil, les personnels de la Cinémathèque réunis en assemblée générale à l’initiative de l’intersyndicale, le jeudi 1er juin 2006 ont voté, à la quasi-unanimité, une grève reconductible. C’est la première fois depuis près d’une vingtaine d’années.
Cette décision a été adoptée à contrecoeur, chacun mesurant la gravité de la situation, mais la grève est apparue comme le seul moyen à la disposition du personnel pour enrayer le processus en cours. Toutes les tentatives antérieures de dialogue comme de négociations ayant échoué. Les représentants du personnel et les syndicats ne reprendront le dialogue avec la direction qu’à partir du moment où celle-ci lèvera les sanctions et abandonnera la procédure de licenciement.
La Cinémathèque française a changé. Elle a changé de statuts, déménagé, augmenté et transféré ses activités artistiques, mis en place des espaces d’expositions permanentes et temporaires, intégré de nouveaux salariés. De l’avis de tous, elle a réussi. Et cela grâce aux efforts et aux compétences de toutes les équipes. Néanmoins, depuis la réouverture à l’automne 2005 à Bercy, de vives tensions émergent. Tout changement en suscite. Des choix ont été faits, parfois bons, parfois mauvais. La direction n’a pas su, n’a pas voulu se déjuger malgré les observations des salariés et des élus du personnel, laissant la situation se détériorer.
Nous récusons une direction qui reste sourde aux remarques et à l’expérience des équipes et qui pratique une solidarité hiérarchique de principe, aux dépens des salariés tout autant que du public de la Cinémathèque française. Envisager le licenciement comme seule réponse est symptomatique de la politique sociale de la nouvelle direction de la Cinémathèque française. Elle contredit de fait, largement, le projet culturel qui est le sien. À l’aube de la fusion (prévue pour janvier 2007) entre la Cinémathèque française et la BiFi (Bibliothèque du film), l’inquiétude est partagée par les deux personnels : les salariés de la BiFi ont exprimé leur solidarité et ont rejoint le personnel de la Cinémathèque dans la grève.
L’intersyndicale Cinémathèque / BiFi.
CANADA
Menace de grève chez Expro Tec
Mario Pitre
Quelque 250 travailleurs de l’usine Expro Tec se sont donné un mandat de grève à être utilisé au moment opportun dimanche dernier, lors d’une assemblée qui réunissait les syndiqués de la production, des laboratoires et les employés de bureau.
Ceux-ci ont voté dans une proportion de plus de 90 % en faveur de moyens de pression et du déclenchement d’une grève au moment voulu. "On est actuellement environ au quart des priorités qu’on s’était fixées dans cette négociation, et il y a plusieurs points importants qui demeurent en suspens", a fait savoir le président syndical, Marc Laviolette.
Parmi les points qui n’ont pas encore été réglés avec SNC Technologies, on note les congés sans solde, les congés préventifs des travailleuses enceintes, et les questions de pré-retraite. Le salaire moyen des employés d’Expro Tec se situe entre 20 $ et 21 $ l’heure.
Sur les listes du FBI Un des points importants en trame de fond de cette négociation touche la question des informations personnelles sur les travailleurs, qui pourraient être soumises au Patriot Act, la loi adoptée par le gouvernement américain de Georges W. Bush à la suite des attentats terroristes de 2001.
Cette loi s’applique aux entreprises américaines, mais pourrait l’être également aux filiales canadiennes de ces entreprises. Cela soulève l’inquiétude chez nous depuis que SNC Technologies a été acquise par la multinationale américaine General Dynamics au coût de 315 millions l’hiver dernier. Cette transaction doit cependant obtenir l’approbation du gouvernement Harper.
"On veut que le gouvernement inclut une clause disant que la compagnie n’est pas autorisée à fournir des informations personnelles sur nos employés. C’est stipulé dans la convention collective et on veut que ça le soit aussi dans la transaction", réclame M. Laviolette, au nom des 350 travailleurs de l’usine timothoise.
Le Patriot Act permet au gouvernement américain d’avoir accès aux dossiers de citoyens soupçonnés d’être reliés à des groupes terroristes. Elle permet aussi au FBI d’obtenir des informations aussi secrètes que leurs transactions bancaires, ou leurs communications téléphoniques.
Dès janvier dernier, des travailleurs d’Exprotec ont eu à répondre à un questionnaire que M. Laviolette a qualifié "d’étrange" lors d’une entrevue au quotidien La Presse, et dans lequel on leur demandait s’ils avaient une double nationalité.
Ce dossier a pris une tournure nationale depuis quelques semaines et a fait l’objet d’interventions à la Chambre des Communes de la part du Bloc Québécois.
SIERRA LEONE
Troisième semaine de grève dans le secteur des télécommunications SIERRA LÉONE - 1 juin 2006 - PANAPRESS Les travailleurs de la société des télécommunications de la Sierra Leone (Sierratel) en sont à leur troisième semaine d’une grève nationale qui a paralysé les principales infrastructures de communication du pays.
A Freetown, la capitale, les échanges téléphoniques restent impossibles alors que les travailleurs sont assis devant leurs bureaux avec des affiches portant leurs revendications. Le siège régional du Sud, à Bo, et le siège provincial de l’Est, à Kenema, sont complètement coupés du reste du centre-ville en termes de télécommunications.
Les travailleurs restent simplement assis devant les centraux téléphoniques, pendant que communications sont suspendues.
Les grévistes réclament la démission de tous ceux qui sont impliqués dans la gestion de l’institution, y compris le président du conseil d’administration, les directeurs et sept membres de l’équipe de gestion, dont son directeur général Alpha Sesay, son adjoint et directeur des finances, Dennis Wright et Joh K. Allen.
D’après les affiches collées sur les édifices de Wallace Johnson Street et de Tower Hill, les travailleurs exigent des explications complètes sur le rapport "KPGM" de la société d’audit Peat Marwick qui a mis au jour d’énormes malversations et dysfonctionnements au sein de la société.
Ils demandent aussi au conseil d’administration et à la direction d’éclaircir leurs relations avec une société de télécommunications locale, Datatel, qui a bénéficié d’un financement de plusieurs millions de dollars de la part de la Commission européenne.
Les employés souhaitent également des explications du conseil d’administration et de la direction sur les détails d’un accord passé entre Sierratel et Afcom, une société privée détenue en partie par certains membres du Parlement et du personnel des services présidentiels qui contrôlent désormais le réseau Internet du pays.
Ils veulent que leur soient communiqués les dispositions et les détails de l’accord entre Sierratel et le Groupe Mariama Kabbah (GMK), une société qui contrôle désormais tous les appels internationaux par le biais d’une carte d’appel dénommée GMK.
Les employés réclament enfin le paiement immédiat de leurs arriérés d’indemnités de congé et de salaires ainsi que toutes les autres prestations de fin de carrière.
Dans un entretien avec la presse, des responsables de la Commission nationale de la privatisation, qui est chargée de la supervision de l’exploitation de la compagnie, ont qualifié le problème de complexe.
"Nous tentons de réunir les employés et la direction de Sierratel pour aplanir leurs divergences afin que la paix sociale prévale au sein de l’institution", ont-ils simplement indiqué.
De précédentes tentatives de réconciliation, dont la dernière remonte au 18 août 2005, se sont révélées vaines entre la direction et le responsables du Syndicat des travailleurs de la poste et des télécommunications.
PARIS
Les salariés de l’AMF en grève 02/06/2006
Les salariés de l’AMF inquiets du projet de filiale commune avec la Matmut ont cessé le travail aujourd’hui. Chaude ambiance aujourd’hui devant les locaux de l’AMF à Paris. A l’appel des organisations syndicales, les salariés devaient cesser le travail à partir de 12h, tandis qu’une assemblée générale du personnel devait avoir lieu à 14h. D’après nos informations, près d’une centaine de salariés ont cessé le travail et bloqué la rue Saint-Lazare où se situe le siège de l’AMF. Annoncé en janvier dernier, le projet de création d’une filiale commune à l’AMF et à la Matmut dédiée aux fonctionnaires, suscite l’inquiétude parmi les salariés. La CFDT dénonce dans un communiqué « la position fermée de Daniel Havis, PDG de la Matmut, ne voulant ouvrir aucune négociation avec les instances du personnel AMF sur le volet social du projet AMF/Matmut ». Selon des documents transmis au CE de l’AMF, ce projet impliquerait le déménagement des services supports à Rouen, soit près de 80 personnes ainsi que le transfert d’une partie du personnel AMF, notamment les commerciaux, dans le groupe Matmut. Les organisations syndicales de l’AMF revendiquent l’ouverture de véritables négociations avec la Matmut « pour garantir le dispositif social et les contrats de travail dans le projet AMF/Matmut ». Selon nos informations, Daniel Havis a prévu de rencontrer l’ensemble du personnel de l’AMF mardi 6 juin à la maison de la Mutualité à Paris.


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