Le prix du pain augmente, des pauvres en tôle pour un sandwich ( au poivron)

lundi 7 juillet 2008
par  un précaire
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La presse. Gratuite. Je lis : " Les prix ont de nouveau augmenté en février. L’inflation atteint 2,8 % sur un an, selon le très officiel INSEE. Les prix dans l’alimentaire ont augmenté en moyenne de 4,8 % sur un an (0,2 % en un mois). La hausse moyenne des produits agro-alimentaires atteint 5,2 % sur un an, avec des pics à 9,3 % pour les fromages, 14 % pour le lait et la crème, 13 % pour la volaille. Une étude de Nielsen panel international, publiée par l’hebdo LSA, révèlerait que les enseignes de hard-discount du type LIDL ou Leader Price sont celles qui ont le plus augmenté les prix (+ 4 %). Mais elles sont suivies de près par les super…et hyper… qui se sont contentés, eux, de "relever" leurs étiquettes de + 3 %. Des associations de consommateurs réagissent et dénoncent des statistiques qui ne reflètent pas la réalité des pics jusqu’à 48 % sur un produit alimentaire" .

Suite à cette agitation médiatique, médiatisée du moins, M. Fillon…, vous savez , le 1er ministre, …, oui !, lui-même ! Eh,bien, il sort de l’ombre et se fend d’un raisonnable et raisonné : " Oui, il y a eu augmentation, mais, pas autant qu’on le dit. Il ne faut tout de même pas exagérer ". Ce cher M. Fillon qui, sans vraiment démentir, tâche de faire bonne mesure en rassurant sur la situation. Quel brave homme ce 1er sinistre, l’image de la pondération, de l’homme réfléchi.

D’ailleurs, lui - comme nous - nous trinquons tous. Nous, en nous serrant la ceinture, lui, au champagne.

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Mme Lagarde fait son enquête : “ Les prix n’ont pas augmenté, ou si peu.. .”

Attention ! Voici maintenant, Mme Lagarde, la ministre de l’éconnerie, qui elle, fait son enquête "personnelle" sur cette soi-disant hausse des prix de l’alimentaire. Et ?… vous n’allez pas le croire…. Mais les prix n’ont pas augmentés ! Ou alors, il s’agit peut-être, juste, et encore éventuellement sous réserve de confirmation, de quelques produits isolés. Mais dans l’ensemble rien d’affolant, et tout ce battage autour de cette hausse des prix n’est qu’invention de journalistes pour faire vendre du papier (! !!). "Tout le monde" fait des enquêtes, des sondages, des statistiques.

Moi, malgré tous ces grands calculs, je constate que mon porte-monnaie se vide de plus en plus vite.

Et que je serre la ceinture : je trinque (À vot’ bonn’ santé ! M’sieur F’ion, M’dame Lagarde). D’ailleurs, je fais mes courses pour un grand nombre de "produits" dans une enseigne orientée clientèle populaire dont je ne refuse pas de révéler le nom ! … c’est Leader Price… Alors si la ministre de la connerie tout court fait son enquête personnelle, si l’INSEE claironne avec complaisance le discours officiel, si le 1er des sinistres parle en menteur formaté, je me suis dit que, puisque tout cela me touche directement, je me devais de faire moi aussi mon enquête, preuves à l’appui.

Comment ? … Eh, bien malgré un "ménage" destiné à faire de la place, il y a quelque temps de ça, j’ai quand même conservé un certain nombre de tickets de caisse. Suffisamment pour comparer l’évolution des prix sur certains produits, preuves à l’appui. Je trie, épluche, répertorie, compare… et de quoi m’aperçois-je,donc ?

Mme Lagarde et moi, on doit pas faire les courses dans la même superette

Le riz basmati, que j’achète depuis des années, le même, 1,39 euro le kg le 22 octobre 2007, 1,59 euro le 08 janvier 2008 et, comme ça ne suffisait pas, 1,85 euro le 29 février (et on nous promet que ce n’est pas fini). Le riz ??? C’est pas un aliment de base ???… dites-moi si je me trompe ? Autre constat : Pâte brisée : 1,25 euro le 18 fév 2008 ; + 25 % en 45 jours. Je continue plus en détail par le petit tableau à voir ici)

Je me suis limité à comparer des produits dont je suis sûr qu’il sont identiques, même conditionnement, même "marque", même endroit, cela, bien sûr, pour éviter les : "Il faut comparer ce qui est comparable." Cela va sans dire que les fournisseurs, les enseignes ne se gênent pas pour changer les conditionnements et faire tout ce qu’il faut pour nous désorienter. A cela on doit ajouter une baisse générale du choix dans les rayons. Egalement, une baisse notable de la qualité des produits. On voit, maintenant, dans certaines grandes surfaces, des emplacements vides dans les rayons et cela pendant des périodes relativement longues.

Reste, donc, les produits plus chers… soit on achète,… soit ... on s’en passe !

Et qui s’en passe ? A cette hausse générale des prix, il convient d’ajouter d’autres choses. Le prix du carburant bien-sûr, est la première à laquelle on pense (gas oil : 1,029 le 10/04/07, 1,299 le 12/04/08, soit 26,24 % de hausse).

La hausse des prix touche, aussi, les services comme la main-d’œuvre mécanique, le prix des pièces de rechange. Le prix d’un simple contrôle annuel de chaudière et tout l’ensemble des petits services ne restent pas à la traîne, j’en ai régulièrement l’écho autour de moi. Le déremboursement de beaucoup de médicaments, les franchises médicales, la hausse sur la consultation. La hausse insolente et injustifiée des médicaments souvent qualifiés, à tort et hypocritement, de "médicaments de confort". Toutes les références du tableau de bas de page me concernent personnellement. Mais parmi les informations glanées de-ci de-là, celle assez "amusante" de l’huile de colza qui est passée de 0,79 euro à 1,14 euro, soit + 44,30 %, accompagnant la hausse de prix du gas-oil, comme s’il y avait connivence entre les deux. Cette huile remplacerait-elle le gas-oil, au moins dans une certaine proportion ? Ce dernier exemple, m’interroge. Comme cet autre : l’Etat a refusé que les mutuelles complémentaires de santé prennent en charge ce qui était franchises ou dépassements. Le pouvoir laisse voir là sa vraie nature.

Oui mais, me dit-on, les ordinateurs ça, c’est pas cher, maintenant. Je réponds : s’il sont plus abordables qu’il y a quelques années, il ne sont, cependant, pas donnés pour autant.

Et cette "clémence" dans leur prix ; qui veut imposer cette technologie comme une fatale démocratisation ; ne cache-t-elle pas autre chose ? Je vous laisse juge sur la question.

Bref, suite à ce petit "tour d’horizon" de mes archives/factures, je confirme que, tout comme les prix de ce qui est essentiel, l’hypocrisie du discours que tient le pouvoir est en forte hausse. Celui-ci continue, avec insolence, à tenter de nous faire avaler que tout ceci n’est qu’une vague impression des consommateurs. Le gouvernement a pris l’habitude d’affirmer ce qui l’arrange le mieux, sans tenir compte de la réalité qu’il contribue activement à assombrir.

Jusqu’à quand allons-nous accepter ça ?

JPEG - 25.9 ko La question n’est pas jusqu’où vont-il aller ? Mais, jusqu’à quand allons-nous accepter ça, sans réagir ou en nous en remettant, sans cesse, aux structures légales ? Cette hausse des prix n’est pas une fatalité. Elle accentue une rapide dégringolade du niveau de vie, déjà bien entamée. Et ce n’est pas une hausse de 3,05 % du SMIC qui changera grand chose. Quel est, donc l’objectif du pouvoir en place ? Si ce n’est de créer une société de misère, tout en facilitant l’émergence d’un état totalitaire. J’en veux pour preuve la réhabilitation forcée de l’autoritarisme, de l’ acceptation aveugle de la contrainte, de la croyance, des religions, des préjugés bourgeois.

N’est-ce pas le signe que c’est bien de cela qu’il s’agit ? Et cela, pourquoi me demandez-vous ? La réponse est dans la nature même du pouvoir : exercer une autorité absolue et sans restriction aucune. Le rôle de l’autorité n’est-il pas de contraindre, de punir, de soumettre ? Oui, c’est cela, de soumettre. Autorité et soumission sont indissociables. Et pourquoi cela ? Si ce n’est, encore et toujours, dans le but qu’une minorité jouisse sans limite de tout ce que peut offrir la vie, au détriment de tous.

Z.

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UN SANDWICH CLUB POULET POIVRON = NEUF MOIS FERMES

Au cas où vous ignoreriez que l’on vit bel et bien dans une société pourrie, lisez bien ce qui suit. Dans le cas contraire, voici une histoire dramatique qui va venir renforcer vos convictions. Richard est majeur, depuis peu, oh à peine, quatre mois, c’est pas grand chose quatre mois, mais ça fait toute la différence.

Richard, depuis l’âge de quatorze ans est un habitué des juges, des juges pour enfants. Il n’a pas eu une enfance rose… Seulement, mal lui en a pris, depuis quatre mois, c’est plus pareil, il a dix-huit ans. Et, j’allais l’oublier, Richard, arrivé en fRance à ses dix printemps, est Ghanéen. Pas de chance. Vendredi 21 mars, peu avant vingt heures, Richard est revenu dans un supermarché où, quelques heures plutôt, la faim au ventre, il s’était sustenté d’un "sandwich-club poulet poivron" à deux euros cinquante centimes et ce, sans régler la note. Devant un fait d’une telle ampleur et d’une telle gravité, le vigile, qui avait repéré le forfait quelques heures auparavant, n’écoutant que son devoir, interpelle comme dit le journal, "le suspect", avec l’aide du gérant de la supérette. Mais le suspect ne se montre guère coopératif. Il aurait, toujours d’après la presse (donc, à prendre avec des pincettes) donné "un coup de tête dans le gérant". Le vigile ayant des difficultés à le maîtriser, les flics arrivent à la rescousse et tentent de lui passer les menottes, ce qui a le don d’énerver un peu plus Richard, qui n’en veut pas, des menottes.

"Résultat des courses" : le voilà au tribunal, en comparution immédiate, pour vol de sandwich et rébellion.

Le parquet avait réclamé un an de détention. Il est condamné à neuf mois de prison. Fermes. Il est ressorti du tribunal, direction la prison. Décidément, l’usage illicite de produits alimentaires est réprimé avec la plus grande dureté : on se rappelle, dans les colonnes de ce journal, du cas d’Olivier Théron, lourdement condamné pour avoir balancé un pot de yaourt sur la voiture blindée de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur.

Ici on a devant soi quelqu’un qui, comme tout un chacun, ressent durement l’augmentation du coût de la vie et des choses, qui a faim, et comme disait La Palisse, la meilleure chose à faire quand on a faim, c’est de manger…

Mais la société dans laquelle nous vivons (avec ses vigiles, sa police, ses juges) n’est pas de cet avis : ce que tu manges, tu dois le payer, et, si tu n’as pas d’argent, tu n’as qu’à crever... ou l’état s’occupera de toi. Bref, manger, sans avoir les moyens de le payer, un "sandwich club poulet poivron" (qui, en plus, est généralement dégueulasse) est un crime. Mais, détourner allégrement des millions d’euros (de quoi acheter des montagnes de "sandwich club poulet poivron", quoique, de toutes façons, je doute que ces messieurs mangent de ce mauvais pain-là), c’est un acte civique, du moins si l’on en juge par la réaction de la justice et de la police.

Car, pour qu’un coin du voile soit soulevé, il en faut, des millions de détournés ! Et encore, même quand c’est évident, ces messieurs sont seulement "inquiétés". Pour eux, pour les patrons et tous les hommes de pouvoir, si par cas il y a garde à vue, c’est du trois étoile. S’il y a procès, jamais de ces comparutions aussi immédiates qu’expéditives. Et si la condamnation finit par être inévitable, elle n’est que symbolique.

C’est ça, la justice de classe !Elle crie haro sur le récidiviste.

JPEG - 38.4 ko Mais n’est récidiviste que le voleur de pommes... ou de sandwichs. Le patron qui détourne des sommes astronomiques à coup de dizaines de milliers d’euros et ce, pendant des années avant de se faire pincer, celui-là, vous l’avez compris n’est certainement pas un récidiviste. C’est un brave homme qui travaille trop, le malheureux et, patatras, il s’est trompé, le pôvre, dans sa comptabilité, quasiment involontairement, à l’insu de son plein gré, voilà tout. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’avait rien constaté d’anormal sur son compte. Forcément, des millions ajoutés à des millions, ça se remarque pas. Mettez-vous à sa place. Sûr que si des millions d’euros tombaient d’un coup sur votre compte banquaire, vous non plus, vous ne vous en rendriez même pas compte. Bref, pas de quoi fouetter un chat.

Tandis qu’un type qui vole un sandwich -et pas n’importe quel sandwich, un club, avec de la mayo industrielle s’il vous plaît et présenté dans son écrin de cellophane avec une étiquette couleur ça, c’est un criminel !

Deux textes extraits du dernier numéro d’"Anarchosyndicalisme ", disponible ici


Commentaires

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Le prix du pain augmente, des pauvres en tôle pour un sandwich ( au poivron)
lundi 7 juillet 2008 à 22h14 - par  Gugusse, çui qui se marre.

Alors, récapitulons : tu voles un sandwich, on te coffre. Tu fais une grève de la faim en public (autrement ça n’a pas de sens), à coup sûr tu te fais serrer et expédier si c’est pas en taule, chez les oufs. Ceci dit, si t’as pas la thune, piquer un sandwich peut être une solution pour bouffer à l’oeil les quelques temps que tu passeras à l’ombre... où tu seras aussi à l’abri des intempéries. Idéal autour du mois d’octobre. Pas de loyer, nourri-logé-chauffé au frais du contribuable, et quand tu sors de taule tu remets ça, on te traite en récidiviste et tu bouffes à l’oeil et à l’abri encore plus longtemps. Et là tu te dis que la liberté est un concept tout relatif. Libre et à la rue, t’as faim et t’es livré aux courants d’air. Ou tu apprends à brouter le gazon et à te creuser un terrier, ou tu piques un autre sandwich, avec un poulet et un calendos comme dessert. Les flics radinent, on sait la suite. Enfermé, t’es peut-être pas libre mais tu bouffes et t’es livré qu’aux concours de pets de tes compagnons de cellule. C’est un peu du Chaplin, tout ça. Et c’est vrai que les ordinateurs sont de plus en plus bon marché, vu qu’un gonze qui passe son temps sur le web à chatter sur la révolution, eh ben la révolution il la fera jamais, tiens ! La question que je me pose, à ce stade, c’est de savoir ce qui se passe si tu piques un ordinateur pour le bouffer. Est-ce qu’on te colle au trou avec des experts en Linuxeries qui ont téléchargé illégalement les disques de Christophe Maé ? Et si oui, on te nourrit quand même à l’oeil avec du Ricoré à la fin ? Est-ce qu’un flic pourrait me répondre ?

Plus sérieusement, et ça c’est du vécu. Un rebeu que je connaissais, et qui a tenu trois jours chez notre pays de français avant d’en avoir tout pigé. Pas question pour lui de rester là mais plus de thune pour rentrer à Blida. Alors il a fait quoi ? Il a attendu qu’un flic passe dans le secteur et il a mis un coup de quelque chose dans un parebrise. C’est comme ça qu’il a pu rentrer chez lui sans bourse délier. Reconduction à la frontière, qu’ils appellent ça.

Moralité : sois plus intelligent que l’ennemi, même s’il est vachement plus nombreux que toi : utilise ses ressources et ses aberrations à ton profit. Et crois-moi, et t’as qu’à ouvrir tout grand tes jolis yeux pour t’en apercevoir, l’ennemi il est con, mais con que c’est pas possible. Si con que personne n’écoute même plus c’que ses pauv’mains nous mentent.

Bisous et bonne nuit.