Paris RSA : Tous contrôlés, tous contrôleurs, le vrai bonheur
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La loi sur le RSA fait disparaître les Commissions Locales d’Insertion. On ne s’en plaindra pas.
Malheureusement, à la place, une nouvelle instance est mise en place : elle aura pour rôle de donner son avis sur les orientations en matière d’insertion, mais aussi sur les radiations et les suspensions, la décision finale revenant toujours au Président du Conseil Général.
La vraie différence avec les CLI, c’est l’absence des élus du Conseil Général. Manière habile d’essayer de dédouaner les politiques des conséquences individuelles d’une politique globale.
Pour faire passer la pilule du RSA, Martin Hirsch a inclu dans la loi qui fixe la composition de ces commissions, l’obligation d’y inclure des « représentants des allocataires ».
Il laisse aux présidents des Conseils Généraux, la manière de les choisir.
La préoccupation est la même qu’à Pôle Emploi : plus le service public se réduit à une machine à contrôler et à contraindre, moins nous avons de droits et plus nous avons de devoirs, et plus ceux qui nous précarisent éprouvent le besoin de nous associer à notre propre malheur.
Mais qui peut se targuer de représenter les allocataires du RSA ?
Pas grand monde : l’allocataire du RSA, c’est aussi bien la mère isolée d’un môme jusqu’à ses trois ans, que l’informaticien licencié de 55 ans. Ce sont des artistes et des ingénieurs, des squatters et des propriétaires occupants. Ce sont des salariées à temps partiel, des précaires en formation, des étudiants.
Autant dire que l’allocataire du RSA, c’est absolument tout le monde, avec comme point commun, un revenu de merde presque toujours inférieur au seuil de pauvreté, et un contrôle et un harcèlement permanent.
A ce compte là aucune organisation ne peut prétendre parler au nom de tous les allocataires .
Surtout pour contribuer au contrôle qui leur est imposé.
Car notre objectif commun à tous, c’est bien de sortir du carcan RSA, de trouver un moyen de survivre sans être astreint à une intrusion autoritaire dans les moindres recoins de notre vie. S’il y a bien un espoir commun aux dizaines de milliers d’allocataires parisiens, c’est celui d’espérer un jour sortir d’une situation, où l’on doit répondre de son projet professionnel, se laisser imposer des formations ou des ateliers sans intérêt, devoir laisser des contrôleurs CAF entrer chez soi et mener de véritables interrogatoires, et tout ça pour quelques centaines d’euros qui ne permettent même pas de survivre.
Manifestement, Delanoe a du rencontrer quelques problèmes pour trouver des associations prêtes à « représenter » les allocataires dans des commissions chargées de les contrôler.
Il faut dire qu’à Paris, il y a des précaires collectivement organisés, qui à défaut de vouloir représenter qui que ce soit, savent se défendre, notamment contre "les associations chargées de les aider par l’insertion". Rares sont les prestataires privés du Département, qui n’ont pas l’habitude de recevoir des visites collectives et revendicatives quand elles s’avisent de harceler l’allocataire « pour son bien ». Donc là, évidemment, même pour quelques dollars de plus, l’idée de se retrouver en première ligne à chaque suspension ou radiation n’a pas séduit grand monde.
D’où la géniallissime idée du Département de Paris, qui nous a été transmise par des travailleurs sociaux chargés d’appliquer la consigne : faire un appel à candidature dans le cadre des entretiens de contrôle !
Après la ménagère de moins de cinquante ans, l’allocataire lambda, totalement neutre et objectif qui représente tous les autres….
Avantage 1 : couper court aux contestations éventuelles sur la représentativité des associations habituelles.
« Ah mais on s’excuse, Mr Lambda, ça pourrait être vous, d’ailleurs si vous vous étiez porté volontaire , au lieu d’être dans une démarche stérile d’opposition perpétuelle, et bien vous auriez pu être retenu. Et Mr Lambda n’appartient à aucune association, plus ou moins politique comme la vôtre, comme l’immense majorité des allocataires »
Avantage 2 : tout savoir sur les candidats avant de les retenir.
Et oui, le candidat étant allocataire, le Président du Conseil Général sait tout sur lui. Ce que peuvent lui envier bien des patrons réduits à faire des conjectures infinies sur qui est vraiment le délégué syndical…
Des travailleurs sociaux et des allocataires nous ont cependant posé la question : pourquoi les militants du Réseau, allocataires eux-même ne se portent-ils pas candidats pour faire entendre une autre voix et pour défendre tout le monde ?
D’abord, parce que la meilleure manière de se défendre, nous la connaissons depuis bien longtemps, la pression collective et quotidienne, la diffusion de l’information, la confrontation.
Il est complètement irréaliste de penser qu’il est possible de cumuler les deux : d’abord parce que tout est fait dans les instances de représentation, pour que ça prenne le plus de temps possible à ceux qui jouent le jeu. Là , en l’occurrence, il s’agirait de parler sans fin de dizaines et de dizaines de dossiers individuels, alors que le problème est général.
Ensuite, parce qu’il faut savoir être cohérent face à ses adversaires pour être crédible : quel sens cela peut-il avoir de se battre contre le fond même du RSA, tout en acceptant de fait ses principes, et en premier lieu, celui que des sanctions soient prononcées et privent des précaires de tout revenu, parce qu’ils ne se plient pas à la prise de n’importe quel emploi, à l’infantilisation, au contrôle ?
Participer à des instances de concertation et d’arbitrage, qu’il s’agisse de cautionner des décisions globales ou individuelles, c’est convenir que la machine à précariser pourrait tourner de manière à nous sortir de la merde, pour peu qu’on y mette de la bonne volonté !
En tant qu’allocataires concernéEs, nous dénions à quiconque la légitimité de nous réduire à des dossiers qu’on peut compulser dans des commissions. Nous refusons la logique qui consiste à faire de nous des livres ouverts devant le regard sévère du Président du Conseil Général, qui a le droit non seulement de fouiner dans notre vie, mais aussi de nous imposer nos choix, avec l’odieux chantage à l’estomac vide que sont les suspensions et les radiations.
Un contrôleur, même allocataire du RSA sera toujours un contrôleur !
Contrôle CAF, refus du RSA ?
Avec le RSA vos revenus baissent et vous n’y comprenez rien ?
On vous refuse la prime pour l’emploi
Vous galérez avec la CAF, l’ANPE, la Sécu, ou les services sociaux ?
Avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, la solidarité est l’arme des précaires !
Venez nous rencontrer, vous informer, rencontrer d’autres précaires pour faire valoir vos droits aux permanences de lutte du Réseau Solidaire d’Allocataires.
A Paris : tous les vendredis de 18H à 19H30 à la Maison des Associations du 18ème arrondissement, 15, passage Ramey - bureau "les acacias" 1er étage.
Métro Marcadet Poissonniers
Contact Tel : 09 54 70 66 22
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Site : http://www.collectif-rto.orgChaque semaine, nous sommes présents devant des agences Pôle Emploi et des CAF d’Ile de France. Contactez nous par mail pour les dates et lieux exacts. Si vous nous écrivez pour un problème précis, n’oubliez pas d’indiquer votre département d’origine !


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