Pour me rendre à mon bureau

Les Petites Bourrettes
jeudi 26 juin 2008
par  collectif rto
popularité : 2%

Pour me rendre à mon bureau interprété par Les Petites Bourrettes

Pour Me Rendre à Mon Bureau
Paroles et Musique de Jean Boyer

- Pour me rendre à mon bureau, j’avais acheté une auto
- Une jolie traction avant qui filait comme le vent.
- C’était en Juillet 39, je me gonflais comme un bœuf
- Dans ma fierté de bourgeois d’avoir une voiture à moi.
- Mais vint septembre, et je pars pour la guerre.
- Huit mois plus tard, en revenant :
- Réquisition de ma onze chevaux légère
- "Nein verboten" provisoirement.

- Pour me rendre à mon bureau alors j’achète une moto
- Un joli vélomoteur faisant du quarante à l’heure.
- A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un bœuf
- Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
- Elle ne consommait presque pas d’essence
- Mais presque pas, c’est encore trop.
- Voilà qu’on me retire ma licence
- J’ai dû revendre ma moto.

- Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo
- Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
- Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un bœuf
- Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.
- J’en ai eu coup sur coup une douzaine
- On me les volait périodiquement.
- Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën
- Je fus ruiné très rapidement.

- Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro
- Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.
- Alma, Iéna et Marbœuf je me gonflais comme un bœuf
- Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
- Hélas par économie de lumière
- On a fermé bien des stations.
- Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
- Qu’on supprima sans rémission.

- Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots
- Et j’ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour.
- Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un bœuf,
- Fier de souffrir de mes cors pour un si joli décor.
- Hélas, bientôt, je n’aurai plus de godasses,
- Le cordonnier ne ressemelle plus.
- Mais en homme prudent et perspicace
- Pour l’avenir j’ai tout prévu.

- Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
- J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
- Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
- Je n’y perdrai rien par surcroît :
- Il est pas drôle à l’endroit !


Commentaires

Pour me rendre à mon bureau
mardi 22 décembre 2009 à 16h25

ce texte est de brassens

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Pour me rendre à mon bureau
samedi 28 juin 2008 à 09h42 - par  Patrick Dubreuil

modéré à priori ?... censuré quoi ! Car bizarrement mon avis sur le chef d’oeuvre de banalité rétro nostalgico bidon (pour se rendre à son bureau en traction en 1939, y avait que le gros patronat !) ci dessus n’a pas passé le contrôle du petit employé zélé !

Site web : http://bastring.org
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mercredi 4 mars 2009 à 10h17 - par  hexin

"je ne supporte pas cette nouvelle chanson françoise à textes : archi conventionnelle, nostalgique"

Juste en passant, ces paroles et cette musique datent de 1945...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_m...

et j’ai pu l’entendre par ce groupe à un concert de soutient aux sans-papiers...

Logo de Patrick Dubreuil
lundi 14 juillet 2008 à 13h03 - par  Patrick Dubreuil

Voui, t’as pas tort, c’est plus facile de vivre de l’essentiel quand on a pas de quoi se payer le superflu ! Pour ma part, (chacun peut "décroître" suivant ses possibilités, faut pas se gâcher la vie non plus !) ce qui facilite, c’est que j’ai toujours vécu ainsi : aucune ambition sociale, je n’ai besoin que de manger à ma faim, d’avoir un toit au dessus de la tête (oui avec l’électricité dedans !), un peu d’amour et d’eau fraîche et de quoi faire de la musique. Le reste m’intéresse peu : les vacances au Mexique je m’en tape, j’aime pas conduire je fais tous mes déplacements à pieds (en dessous de 10 km, au delà je prends le vélo ou le train), je bois plus, je fume plus (si si le reste fonctionne d’autant mieux !), pas de portable, bref rien qui coute cher, rien qui ne soit indispensable... Ah si ! J’ai un ordi bien sûr, qui me permet de faire de la zique plus facilement (j’ai tenté de convaincre les voisins qu’on pourrait avoir un ordi + une connexion pour tout le palier... en vain : je ne suis pas un leader ! Et puis avec le prix des loyers, les voisins changent tout le temps !) J’arrive presque à joindre les 2 bouts avec le RMI, l’alloc logement et 2 ou 3 bricoles en musique ou en intérim de temps en temps. Je sais que cette passion de la musique (et de l’écriture depuis peu) est un énorme avantage, ça remplit ma vie, je ne m’ennuie jamais... c’est un privilège dirait Sarko 1er ! Tous les gens qui ont une activité artistique ou une passion sont dans mon cas, je crois. Mais je conçois très bien qu’on envisage la vie autrement. Et c’est vrai que la décroissance est une idée à la mode, le bobo aime bien... tant mieux pour une fois !

Site web : http://bastring.org
Logo de un gugusse qu’y croit plus en rien mais qui se marre tout le temps
lundi 7 juillet 2008 à 16h58 - par  un gugusse qu’y croit plus en rien mais qui se marre tout le temps

Si vous me permettez une petite remarque à la Desproges sur la décroissance : l’idée paraît bonne surtout quand on est fauché. Là on est pour la décroissance, l’essor du vélo et des transports en commun (surtout pour le voisin), la conso minimaliste entre déchetterie et hangar à brocante, la fringue d’occase et l’agencement zen de l’appart’ (déjà que tout part dans la fouille du proprio). Ceux qui ne sont pas fauchés, la décroissance ils s’en foutent carrément, ou alors ça restera dans la posture, pour faire bien, sans jamais glisser vers le mode de vie. Quant à ceux qui hier étaient fauches et qui aujourd’hui ne le sont plus (ou le sont un peu moins, ça peut arriver), ils regagnent bien vite le Carrouf et ses promesses de petits bonheurs jetables, et le vélo, il fera comme ses copains, il rouillera tranquillement dans la loggia.

Logo de un gugusse qu'y croit plus en rien mais qui se marre tout le temps
mardi 1er juillet 2008 à 21h02 - par  collectif rto

Bonjour,

nous n’avons pas retrouvé votre message dans l’espace interne du site. Il se pourrait que de votre côté vous ayez fait une fausse manipulation, autrement merci de nous le signaler si ce phénomène venait à se reproduire.

Nous ne sommes pas experts en sémantique mais le mot "précaires", malgré ses limites (finalement le mot en soi ne définit qu’une forme d’instabilité et d’incertitude et peut être utilisé dans bien des domaines), à l’avantage de définir aussi bien les chômeurs que les travailleurs pauvres qui naviguent de boulot sous payés en période de chômage, de RMI etc. Ou même de CDI au smic dans des boulots de merde. C’est à dire une population pauvre dont les lendemains sont toujours incertains et sans avenir dans l’emploi.

Même si cette réalité peut déplaire, nous constatons tous les jours cette situation d’emprisonnement et la dégradation constante des conditions de vie pour les précaires.

Le but d’un collectif étant justement d’offrir un espace de luttes à toutes les personnes qui souhaitent sortir et se battre contre de ces situations.

Logo de Patrick Dubreuil
mardi 1er juillet 2008 à 10h17 - par  Patrick Dubreuil

Oui j’ai eu cette impression que certains "posts" ne passaient pas le sas car c’est pas la première fois que ça se produit. J’ai commenté parfois certains articles sans que ces commentaires soient publiés. Et je ne comprends qu’un commentaire soit modéré (= censuré) que s’il est insultant (ce qui n’est jamais mon cas) ou à coté du sujet. Mais y a peut être une défaillance dans votre système de mails ?... C’est assez désagréable surtout que, sans être militant, mais comme mon site en témoigne, je suis en accord avec à peu près tout ce que vous dites (mais pas musicalement !) et j’ai souvent participé, dans les 15 dernières années, à des manifs et actions de chômeurs (vous dites précaires... j’y peux rien : je déteste ce mot. Je suis moi aussi dans une telle situation mais je n’en suis pas fier, j’en ai pas honte non plus mais je ne vois pourquoi mettre cet état passager en avant... je dis "état passager" car ça laisse une issue alors que le mot "précaire" emprisonne... Tu pourrais dire que tu es bénévole d’une asso, ce qui explique que tu n’es pas rémunéré... (La palice !) C’est vrai aussi que "précaire" est un mot du langage militant et que le militantisme n’est pas dans ma nature, ça implique trop de certitudes... mais y en faut des militants et je vous admire... si si !))

Léa : je ne vois pas d’idée de décroissance dans ce texte. Le type qui achète un vélo parce qu’on lui interdit l’usage de la moto, c’est la décadence, le déclin... ou pire : l’obéissance idiote ! La décroissance, ça serait un échange moto pour vélo raisonné et justifié par le peu de kms pour aller à son boulot de merde (puisqu’il finit par y aller à pinces, c’est que c’est pas loin, non ? Mais cette chanson est tellement bourrée d’incohérences...)
Tout ça n’est que mon avis un peu passionné (je ne suis pas d’un tempérament "modéré") et de toute façon, je ne supporte pas cette "nouvelle chanson françoise à textes" : archi conventionnelle, nostalgique d’époques qu’elle n’a pas connues et surtout musicalement sans âme, simplette et primaire à pleurer ! Pas pour rien que ça plait au public bobo !

Bonne journée,

Patrick

Site web : modéré
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dimanche 29 juin 2008 à 22h03 - par  Léa

Mais non, ce n’est pas parce que les commentaires sont modérés à priori qu’ils seront forcément censurés. La preuve.

Patrick Dubreuil : « mon avis sur le chef d’oeuvre de banalité rétro nostalgico bidon (pour se rendre à son bureau en traction en 1939, y avait que le gros patronat !) » Heu oui très juste remarque effectivement. Ceci dit, il me semble que ce texte sent aussi la décroissance, c’est aussi peut être pour cela qu’il a été repris ces dernières années par divers groupes tels que Les Ogres de Barback ou Les Croquants.

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dimanche 29 juin 2008 à 16h10 - par  collectif rto

Monsieur Dubreuil,

Nous n’avons pas trouvé trace d’un précédent commentaire sur ce « chef d’oeuvre de banalité rétro nostalgico bidon ».

Mais d’une, effectivement, nous ne publions pas n’importe quel commentaire. Notre critère n’est pas l’approbation des textes publiés, ceux-ci étant d’ailleurs fort divers dans le contenu et la provenance, mais l’intérêt qu’il peut avoir dans le cadre d’un site consacré aux perspectives de lutte des précaires, à la remise en cause de la valeur travail comme valeur fondamentale et première.

Et de deux, ce site est animé par des précaires que personne ne rémunère...