Première ballade du mardi...

mercredi 30 novembre 2005
par  collectif rto
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Première ballade du mardi...

Au rendez vous devant la CFDT à Belleville, nous sommes au moins deux groupes unitaires : le nôtre, chômeurs, précaires et intermittents, et celui des RG et de la CFDT, une bonne dizaine de gros bras avec gants plombés. L’entrée du syndicat est bien évidemment fermée, même les salariés de la boite ont du mal à entrer. Après une petite heure de diffusions de tracts la balade commence. Comme il y a plusieurs actions concrètes à mener ce jour, nous décidons de nous séparer en deux groupes qui se rejoindront sur le dernier objectif.

Information à l’ASSEDIC Vicq d’Azir.

Un premier groupe se rend à l’ASSEDIC Vicq d’Azir, antenne consacrée aux intermittents du spectacle. A l’intérieur, nous diffusons des Interluttants et informons la brochette d’intermittents attendant leur tour sur le début de la « négociation » de l’assurance-chômage, dont les annexes 8 et 10, sur les préconisations de l’expert gouvernemental, M. Guillot, qui propose de diminuer le nombre d’intermittents accédant à l’allocation non seulement par l’assurance-chômage (augmen,tation du seuil d’affiliation) mais aussi par une politique d’emploi culturelle immanquablement destructrice des structures les plus fragiles, ainsi que sur les propositions et l’expertise menée par la Coordination et une équuipe du CNRS. Devant l’Assedic, l’une d’entre nous s’ingénie à convaincre aussi fermement que poliment le vigile et un adjoint du directeur de l’Assedic de ne pas fermer l’antenne comme le veut la consigne si des usagers ( intermittents, chômeurs)y pénètrent organisés à plusieurs. Nous répondons à plusieurs questions sur le nouveau modèle d’assurance-chômage des salariés à l’emploi discontinu que proposent les coordinations d’intermittents et précaires, nous informons les usagers présents sur les rendez-vous où ils pourront s’agréger s’ils en ont assez que l’on décide de leur sort sans eux, et les invitons à nous accompagner soutenir l’occupation d’une annexe du Ministère de la culture par des intermittents, puis quittons l’Assedic, après avoir enrichi sa devanture de nos analyses des réformes passées et de ce qu’augurent les prochaines.

Contrôle aléatoire à l ASSEDIC Picpus.

L’autre groupe s’est rendu à l’ASSEDIC Picpus, dont nous pourrons nous vanter d’y avoir fait la dernière occupation de son histoire, puisqu’elle ferme vendredi. Au passage , les usagers dépendant de cette antenne devront passer une semaine sans accès à leurs services, puisque la nouvelle antenne n’ouvrira à Bercy qu’une semaine après. Si nous sommes là , c’est pour dénouer la situation d’un chômeur qui survit avec zéro indemnité depuis le mois de mars. Ancien salarié dans la confection, il a déposé son dossier à cette date puis a attendu vainement une réponse des Assedic. C’est seulement au début du mois d’octobre que l’Assedic a enfin daigné lui signifier qu’il faisait l’objet d’un contrôle aléatoire. Kesako ? Il fait partie des heureux chômeurs élus pour ce dispositif qui consiste à vérifier l’ensemble des données du demandeur d’emploi et de l’entreprise, et à exiger du salarié qu’il contraigne son patron à lui fournir tous les documents nécessaires. En attendant l’usager concerné a accumulé les dettes et les crédits, et ne peut plus payer le loyer du foyer dont la direction le menace d’expulsion ; il ne peut pas non plus prétendre au RMI puisqu’il n’a pas d’attestation d’ absence de droit de l’Assedic. Or en cas de patron véreux pas en règle avec l’Urssaf, c’est l’ex-salarié qui en pâtit le premier puisque la procédure peut durer jusqu’à deux ans ( dixit l’Assedic )

Après plus d’une heure d’occupation, et des provocations continuelles de Mme Guillot, la directrice de l’agence(ne serait-elle pas mariée à un expert du gouvernement ?), qui ira jusqu’ à s’en prendre physiquement à un précaire, nous obtenons enfin un rendez-vous avec l’unité « Audit » des Assedic, qui nous assure par ailleurs qu’ils feront le nécessaire pour que la personne puisse toucher le RMI en attendant le règlement du dossier. Nous profiterons de cette occupation pour dénouer un autre cas ubuesque, celui d’un jeune chômeur qui, venu à un rendez-vous pour s’inscrire, a eu la surprise d’apprendre qu’il était d’ores et déjà radié. Il s’agissait d’une erreur lui dira l’Assedic, qui refusait au départ de le recevoir pour un retard de cinq minutes à son rendez-vous. Occupation des Bons Enfants.

Pendant ce temps, l’autre groupe est arrivé devant l’immeuble des Bons Enfants, annexe du Ministère de la culture et de la communication, pour soutenir les intermittents qui occupent son hall depuis le matin afin de forcer le Ministre de la culture à tenir ses engagements (un « système pérenne et équitable avant le 1er janvier 2006 »). Nous échangeons des informations avec les occupants à travers les espaces entre les plaques de verre de l’immeuble (l’entrée est évidemment gardés par des CRS qui empêchent de laisser passer jusqu’aux journalistes), puis commençons à rédiger un communiqué de soutien à cette action initiée par la Fédération CGT du spectacle, tandis que s’accumulent les cars de CRS en face de l’immeuble. Cependant les occupants, qui ont pointé vers la rue une banderole « 1er jour d’occupation », sont bien décidés à rester tant que le Ministre n’aura pas répondu à leurs exigences. Celui-ci préfèrera les faire expulser par les CRS vers 23h00.

« Recruter autrement » (France active).

La journée n’est pas finie et les deux groupes se rejoignent dans le métro. Nous avons eu vent d’un colloque, avec cocktails et invités prestigieux : « Recruter autrement ». Ca se passe à la luxueuse Bourse du commerce et de l’industrie, en présence d’une responsable de l’Assedic, Anne le Bihan, du directeur délégué de l’Anpe Paris, du directeur des ressources humaines de Monoprix, et de l’homme le plus recherché par les collectifs de chômeurs et précaires depuis l’année dernière : Mr Christian Sautter, ancien ministre, ancien préfet de région, actuel adjoint au développement économique et à l’emploi de la Ville de Paris et président de France Active, association qui fait notamment du lobbying pour les entreprises d’insertion. Mr Sautter envoie au diable les collectifs de précaires souhaitant le rencontrer depuis plus d’un an, refusant de s’expliquer publiquement sur les boulots précaires proposés par la Ville aux chômeurs (contrat d’avenir, et cdd en tous genres), ainsi que sur le montant colossal des aides communales pour les entreprises. Cette fois, pris à partie publiquement, il ne tient pas longtemps son excuse de ne pas avoir son agenda sur lui, et charge au plus vite sa secrétaire d’accorder sur le champs un rendez-vous aux collectifs de chômeurs et d’intermittents présents

Quand au colloque lui-même, nous y resterons le temps d’apprendre que la première maison de l’emploi, c’est à dire le regroupement de tous les services de contrôle des précaires dans un même lieu ouvrira ses portes en janvier à Paris et qu’elle se situera ....à la Bourse du commerce justement.Nous aurons aussi droit à une éloge de l’apprentissage à 14 ans, celui-ci devant "résoudre les problèmes comportementaux "des jeunes, selon une chef d’entreprise. Nous apprendrons par la bouche de Mr Sautter que Paris compte aussi ses zones sensibles et ses ghettos "dans les quartiers périphériques " (vers Gambetta et les Buttes-Chaumont d’après ce qu’on a pu comprendre ).

Prochaine ballade mardi prochain , rdv 13 h devant la CFDT . (à l’appel de AC ! Paris air libre, RTO-Résistance au travail obligatoire, et de la Coordination des intermittents et précaires d’île de France)

Amenez vos idées d’occupations, d’autoréductions, les problèmes avec l’administration que vous avez envie de régler collectivement, vos textes, vos discours , vos affiches et la colle....


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