mardi 18 avril 2006 par collectif rto
Les Miettes Feuille d’information et de libre expression de la précaritude n° 1 - avril 2006
Ce printemps aura connu un mouvement social sans précédent depuis plusieurs décennies ; Mai 68 a souvent été cité en référence mais à une différence près et pas des moindres : le mouvement anti-CPE dans sa globalité n’aura pas été une force critique, créatrice, une force émancipatrice. Le mot d’ordre étant la suppression du CPE et rien d’autres, peu de portes ont été ouvertes sur des perspectives au-delà du crétin je suis contre... Les médias auront joué le jeu du spectacle, parfois abêtissant des centrales syndicales, étudiantes et lycéennes. Aujourd’hui plus personne ne parle de la répression alors que plus de 3 500 personnes ont été arrêtées et plusieurs centaines ont été condamnées à des TIG, de la prison ferme, des dommages et intérêts systématiques pour la police. « La loi sur l’égalité des chances » est truffée de grosses saloperies. Qui en cause, qui dénonce ? Cette lutte aura eu le mérite de constater (une fois de plus) qu’il n’y a rien à attendre des syndicats traditionnels, de l’État. Vive l’auto-organisation ! Des brèches ont pourtant été ouvertes, des pratiques autonomes et solidaires ont été mises en place, vécues lors des occupations de facs, de lycées... Gageons que toute cette énergie ne se bornera pas aux urnes en 2007, que d’autres mondes sont possibles sans la CGT, l’UNEF, la FIDL (...), le MÉDEF, l’UMP, le PS (complétez la liste comme bon vous semble...). Après le succès du numéro zéro, « Les Miettes » reprennent l’ensemble de la loi récemment votée et qui a soulevé autant d’hostilités. Notre façon de dire qu’il y a encore beaucoup de raisons de refuser le retour à la normal, qu’il y a du grain à moudre contrairement à ce qu’affirment d’autres.
La réd’ACTION.
Bonjour,
Ceci est une lettre ouverte pour le président du conseil général de mon département, (Charente Maritime), concernant sa réponse à ma requête d’un versement intégral du RMI des le mois de MAI, après l’arrêt définitif du versement de mes indemnités journalières. (Dernier versement d’indemnités journalières de la sécu le 12 avril : 445,93 euros)
Voila un extrait de la lettre de la CAF :
« Le président du conseil général vous a accordé le revenu minimum d’insertion suite à votre demande du 13.04.2006. Compte tenu des éléments en notre possession nous vous versons cette aide à partir de Avril 2006 (payable en Mai). Pour le mois d’Avril 2006, cette allocation est de 110,15 euros…. »
Monsieur le président du conseil général,
Vous m’octroyez, après dérogation spéciale, permettant un abattement sur mes ressources des mois précédents (avril 2006 : 445,93 euros) une obole de 110 euros de RMI par mois et cela pour trois mois. En contrepartie vous attendez de moi que je signe un contrat d’insertion….
Je tiens donc à vous informer de ce que vous pouvez vous payer pour ce prix la :
*Une passe de médiocre qualité
*Un repas entre amis à l’hôtel IBIS (c’est du surgelé, mais l’Etat doit faire des restrictions budgétaires)
*la garde de votre chien pour un week-end
*une place à l’opéra
MAIS PAS MOI !!! Sylvie EPAUD
Je vous propose de vous joindre à moi pour donner votre avis sur ce que Monsieur le président du conseil général de Charente Maritime peut se payer avec les 110 euros qu’il m’octroie, sous la forme :
Avec 110 euros vous pouvez vous payer…mais pas moi + signature