mardi 6 septembre 2005 par collectif rto
Depuis quelques mois, un collectif se réunit chaque Jeudi : Résistance au Travail Obligatoire Des chômeurs longue durée, des qui n’ont jamais gouté aux joies du salariat, des étudiants qui craignent de devoir y gouter beintôt, des cuisiniers, des chauffeurs livreurs, des retraités , ont choisi de consacrer du temps chaque semaine à chercher comment résister aux boulots de merde, aux pressions des travailleurs sociaux, à l’isolement , aux radiations...
Résister , c’est créer : et au fil des occupations nous avons la prétention d’avoir beaucoup crée : nos occupations ne sont pas symboliques : on n’occupe pas pour occuper, mais pour faire peur aux patrons ou à leurs exécutants, alors on hurle, on utilise le mégaphone en interieur, on tape du poing sur la table.
Mais on n’occupe pas juste pour se défouler, alors on fouille les placards, on photocopie les conventions adecco, mairie de paris , on enregistre nos discussions parce qu’une fois qu’on a bien hurlé, on apprend à poser les bonnes questions.
On n’occupe pas pour perdre du temps mais pour leur faire perdre le leur : et les directeurs de cabinet des élus, les directeurs des ressources humaines de la poste, les pdg de boites de consultants se voient obligés de sauter dans un taxi pour venir répondre à nos questions .
On n’occupe pas juste pour discutter avec les décideurs qui n’ont pas grand chose à nous apporter mais pour rencontrer d’autres précaires : alors on se balade avec nos tracts et notre bla-bla devant les caf, les forums formation, les assedic.On rencontre des bonnes femmes énervées par le prix des clopes, des rmistes qui n’ont jamais bossé, des polonais qui voudraient arréter, des travailleurs sociaux fatigués. On s’est rencontrés sur les assises de l’insertion mais notre calendrier n’est pas le leur, ni celui de la CGT, les actions se font à notre rythme, on en à besoin tout le temps et pas seulement quand ils décident une nouvelle saloperie.
La presse nous ignore et condescend parfois à citer AC ! dont nombre de
militants participent à nos actions. Mais des chômeurs de l’Orne nous
écrivent et ça vaut bien Libé.. Qu’est ce qu’on y gagne :Beaucoup de bons
moments et ,du contrôle social en moins parce qu’un précaire qui ramène
vingt accompagnateurs quand son conseiller ANPE ou son travailleur social
le fait chier, a de grandes chances qu’on lui foute la paix quelques
temps, mème en cette période de pressions accrues.Du savoir aussi, mine de
rien, en quelques mois, on est devenus imbattables, sur l’insertion et ses
vautours, les moyens de résister légalement pour les rmistes, ou comment
gratter un maximum de miettes
Le RTO se réunit tous les jeudis � 18 heures au 23, bis rue Mathis, métro Crimée et il,est grand temps que d’autres résistants créent leurs collectifs
Bonjour
Je viens de découvrir votre site ainsi que l’ensemble des articles qui y sont présentés, et il va sans dire que je rejoins votre discours à 100%. J’ai 34 ans, suis dans le "dispositif RMI" depuis 1998, et depuis deux à trois semaines, je suis la cible d’une pression intolérable de la part des "services sociaux" de ma commune : convocations incessantes (la dernière en date a eu lieu jeudi dernier, et la prochaine aura lieu jeudi 21 décembre), "suivi personnalisé" par l’intermédiaire d’une "référente ANPE" particulièrement zélée, pressions accrues pour m’obliger à aller m’inscrire dans les entreprises d’Intérim et au "Point Accueil Emploi Local", pour m’imposer des contrats précaires infâmes de type CI-RMA, chantages divers à la suspension du RMI, refus d’accès à toute formation choisie, visite médicale imposée auprès de la médecine du travail, etc etc... Bref, je pense que cela ne vous surprendra guère, puisque ce cortège de brimades deviens hélas de plus en plus monnaie courante.
Difficulté supplémentaire : mon isolement. J’habite en effet une commune de 5000 à 10 000 habitants située à une trentaine de kilomètres d’une grande ville, en Bretagne. Aussi, j’aurais souhaité savoir s’il existait un collectif RTO dans la région , et s’il vous serait possible de me mettre en rapport avec les personnes qui y sont impliquées. N’hésitez surtout pas, le cas échéant, à leur communiquer mes coordonnées. (je vous les communique par mail)
Il va sans dire qu’étant directement concerné et me trouvant moi-même dans une situation d’urgence, je suis tout à fait prêt à m’investir dans les activités du collectif, non seulement pour traiter mon propre cas, mais aussi pour apporter mon soutien solidaire à d’autres RMIstes et précaires se trouvant dans des situations similaires.
Bien que totalement isolé, j’ai d’ores et déjà l’intention de reproduire et de photocopier par mes propres moyens certains de vos tracts, et d’aller les distribuer, tout seul s’il le faut, à l’entrée du CCAS et du "Point Accueil-Emploi" de ma commune. C’est d’ailleurs tout ce que je puis faire dans l’immédiat, malheureusement... Cette ville est certes petite, mais il me semble absolument nécessaire d’y mener des actions, même modestes, puisque ce qui s’y passe est tout à fait semblable à ce qui se produit dans de plus grandes aglomérations de la région.
Ca y est, la vermine sarkozyste montre enfin son vrai visage. Tu crois que c’est une chance d’être pauvre ! On ne semande même pas de quel coté tu aurais été pendant la guerre de 39-45 ! Franchement j’ai même du mal à comprendre pourquoi tu es si haineux (probablement compléxé) Bien à toi sarkonazi
Yrvan3
Le travail EST obligatoire !
Par ces temps incertains et produisant toutes sortes de précarités, on oublie les choses fondamentales :il est impossible de ne pas travailler. C’est pourtant ce droit qu’il faudrait revendiquer. Imaginons un homme (ou une femme)qui, après une existance à moité remplie, décide d’en finir avec l’argent et son système. Ce mépris honorable du pognon, il le conforte alors en se disant :"j’ai une maison qui m’appartien en plein, un potager et des ressources énergétiques qui suffisent à mon autonomie et nul besoin d’argent." Cet homme, ce pourrait être nous. Mais, s’il lui est possible d’exister sans argent, au bout de moins d’un an, les problèmes commencent. Il faut payer un impot, et à force de procédures, la résistance au système perd. On saisi la maison et on vous met à la rue (ou à l’asile).
Resister contre le travail obligatoire, c’est exiger de pouvoir exister sans le commerce, refuser la qualité d’animal parmis les autres avec seulement les inconvéniants et pas les avantages du monde animal(la nourriture gratuite).
Le monde marchand n’existe que par ce paramettre : la mise sous clef de la nourriture. Si la constitution considère le travail comme un droit, elle ne dit rien sur le droit, non pas à la paresse, mais à l’épanouissement de soi hors des sentiers balisés par cette pseudo-science qu’on appelle économie...
Sans aucun égoïsme, avec toute les bonnes intentions solidaires, on n’échappe pas à ces bouts de papiers indigestes(n’essayez pas d’en manger, c’est du poison pour le foie...un baume pour la foi et aussi le nerf de la guerre)
Le "necessiteux", le "parasite", le "mendiant"(appelez le comme vous le voulez), cette face honteuse du système marchand n’est qu’un pion involontaire sacrifié pour le regard des autres soumis et culpabilisés( ?), à qui on fait bien comprendre ce qu’il les attend s’ils ne rentrent ou restent pas dans le rang. L’homme ne croit qu’à son salut économique, il a lui aussi oublié qu’il est un animal et qu’il devrait le revendiquer. Son infortune ne dépend que de la fortune des autes.