lundi 3 décembre 2007 par collectif rto
Voir aussi les parties précédentes :
12-02 : journée nationale d’AC ! contre les coupures d’eau, d’électricité et de gaz : occupation à Paris et Lyon d’une direction EDF. Occupation de l’INSEE à Limoges. Les chômeurs de Brest et Morlaix occupent le Crédit Lyonnais, en soutien aux chômeurs nantais inculpés suite au déménagement d’une agence de cette banque le 4 février : Par cette action, nous voulons dénoncer les 180 milliards que le gouvernement a engouffrés pour pallier aux bavures de certaines personnes, on voudrait nous faire croire qu’un petit milliard suffit. Rencontre chômeurs-ouvriers aux Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire. A Paris diffusion de tracts devant Cash Converters, rappelant le sens de l’action et exigeant la libération des quatre arrêtés. Une dizaine d’arrestations provoquent un nouveau rassemblement devant le commissariat. Les syndicats et associations officielles dénoncent cette action. Jacqueline Lazare, secrétaire de la CGT : Il ne faut pas faire l’amalgame entre des actions menées par des chômeurs et celles de casseurs qui effraient les chômeurs. Richard Dethyre, de l’APEIS, a jugé inadmissible cette action qui porte le discrédit sur le mouvement des chômeurs et a estimé que les responsables d’AC !, qui se font déborder par des mi-voyous, mi-gauchos, doivent prendre les mesures pour que cela ne se reproduise plus. Mise en cause, AC ! a aussitôt démenti que cette action ait été un pillage et exigé la libération des quatre, sous la pression de nombre de ses sympathisants qui se reconnaissaient dans cette action.
13-02 : quatrième balade à Paris : « Réunis ce matin-là en assemblée nous décidons de continuer la campagne contre Cash Converters de manière à obtenir la libération de nos camarades. Nous rédigeons un autre tract et, après une auto-invitation au restau U ignoble (la pire de toutes les cantines où nous ayons mangé) de l’université de Jussieu et une partie de foot sur le parvis de la fac, des groupes le diffuseront devant plusieurs magasins de la chaîne. Cette fois la police n’interviendra pas. Manifestement les gérants n’apprécient pas ce type de publicité... » « A Nantes, décision est prise en AG à la Manu occupée de faire scandale à Cash Converters. 30 à 40 personnes pénètrent dans le magasin et y diffusent un tract. Des affiches sont collées sur la devanture pendant que le tract est distribué sur la rue, ralentissant la circulation. Dans l’après-midi du même jour, 15 personnes se repoin¬tent, recollent les affiches qui avaient été retirées dans l’intervalle, puis déversent de la jaille dans le magaze notamment un lavabo hors d’usage, de vieilles espadrilles, etc. »
14-02 : occupation de la DDASS puis du Conseil général à Carcassonne. A Brest, une quinzaine de militants AC ! aidés d’agents d’EDF, membres de la CGT et cagoulés, sont intervenus dans un quartier du centre ville pour rétablir le courant auprès de plusieurs familles qui en étaient privées, faute d’avoir payé leurs factures. A Paris, samedi 14 février, une petite assemblée composée d’une vingtaine de personnes venues de différents points et de tous âges, a pénétré dans un amphithéâtre et s’est emparé un instant de la tribune. Cela s’est passé aux 11" Journées du livre contre la misère. Cette manifestation est organisée par ATD-Quart Monde, une association caritative fondée par un curé, cette action fut menée pour attirer l’attention de chacun sur l’une des causes les plus profondes parmi celles qui étouffent la révolte des opprimés, le système caritatif, la charité, quelques formes qu’elles prennent. Les « envahisseurs » eurent le temps de lire le texte du tract suivant, avant que le son du micro ne fût coupé :
« NON À LA RÉCUPÉRATION DE LA MISÈRE, À LA DÉFENSE DE L’INJUSTICE. NON À L’HYPOCRISIE, À LA CHARITÉ, À LA BONNE CONSCIENCE QUI PERMETTENT DE CONTINUER D’ASSERVIR ET D’EXPLOITER L’ÊTRE HUMAIN. FERMETURE IMMÉDIATE DES CENTRES DE CONTRÔLE SOCIAUX, DES LIEUX DE CHARITÉ PUBLICS ET PRIVÉS, DES ORGANISMES CARITATIFS RELIGIEUX ET LAÏQUES. DÉMEMBREMENT DES ANPE, ASSEDIC, CAF, CCAS, BAS, DES FOYERS, HÔTELS, CENTRE D’HÉBERGEMENTS D’URGENCE POUR LES SANS-DOMICILES, DU SAMU SOCIAL DE JACQUES CHIRAC A PARIS, DES RESTOS DU CŒUR. DISLOCATION DU DISPOSITIF RMI ET DISSOLUTION DES ORGANISMES ET DES ASSOCIATIONS QUI LE GÈRENT. CONDITIONS D’EXISTENCE SANS CONTREPARTIE ÉQUIVALENTES À 5 000 FRANCS PAR MOIS DÈS 16 ANS. SOINS, CIRCULATION, RÉSIDENCE, CULTURE, D’ACCÈS ÉGAL À TOUS. NON-DISCRIMINATION FRANÇAIS-ÉTRANGERS. »
15-02 : à Lille, Martine Aubry en campagne électorale sur le marché de Fives est « accueillie » par une quarantaine de chômeurs...
16-02 : campagne d’affichage dans le métro et aux abords des magasins parisiens Cash Converters.
18-02 : à Foix, invitation à la cantine du centre culturel. Occupation de Manpower à Grenoble. Action à l’hôpital de La Pitié à Paris, par des chômeurs et des sans-papiers pour l’accès gratuit aux soins. A Strasbourg, occupation du pont de l’Europe par des chômeurs français et allemands. Occupation, à Rueil, du siège de l’entreprise Novartis (dont un stock de maïs transgénique avait été détruit par des membres de la Confédération paysanne). Un tract y est diffusé, ainsi que plus tard dans la ville. C’est la continuation d’une rencontre « chômeurs-paysans ». Extrait :
(...) Nous ne voulons pas de cette saloperie supplémentaire ; nous ne voulons plus de toutes les saloperies que l’industrie et les affairistes déversent partout dans le monde et dans notre existence. Nous intervenons donc aujourd’hui à Rueil-Malmaison au siège de la firme Novartis qui a reçu il y a quatre mois l’autorisation de mise en culture de son maïs génétiquement modifié, au moment même où a Heu le procès de trois membres de la Confédération paysanne responsables du sabotage d’un stock de ce maïs manipulé. Cet acte exemplaire avait pour but de porter sur la place publique le scandale que constitue cette décision du gouvernement qui s’apparente, par bien des aspects, à la manière dont a été décidé le programme électronucléaire français : décision autoritaire qui engage la vie de millions de personnes, issue des pressions d’un lobby de technocrates et d’industriels. Un tel acte est légitime, quand bien même il s’oppose à la légalité. Cela est une évidence lorsque l’on ne veut pas ignorer toutes les incertitudes liées à la dissémination élargie des OGM (voir encadré de l’INRA au verso). Nous sommes des chômeurs issus de l’assemblée qui se tient à Jussieu, forum où chacun peut librement prendre la parole, où s’élabore une réflexion critique sur la société et où se rencontrent les initiatives pour faire connaître ce que nous sommes et ce que nous pensons. Nous tenons par cette intervention à manifester notre soutien à ces inculpés, ainsi qu’à quatre de nos camarades, actuellement en détention préventive à Fleury-Mérogis, suite à une action visant à dénoncer les magasins Cash Converters qui font leur beurre sur le dos des pauvres. Leur combat est le nôtre, car nous ne voulons plus travailler à produire les moyens qui serviront à notre propre destruction ; nous ne voulons plus de la misère et de la laideur qu’engendré partout la production marchande dans le seul but d’accumuler des richesses abstraites ; nous ne voulons plus d’un système économique qui n’a que mépris pour les hommes et la nature. Parce que l’économie rejette maintenant massivement les hommes, parce que l’industrie les fait visiblement travailler à leur perte, c’est le moment de remettre en question l’organisation de la société fondée sur de telles aberrations. Par nos actions, rencontres et nos discussions au sein du mouvement des chômeurs, nous voulons contribuer à élargir le débat à la question plus générale et universelle de l’emploi de la vie. Nous convions chacun à se joindre à l’assemblée qui se tient tous les jours à Jussieu à 18 heures.
19-02 : action à l’hôpital de Lille et manifestation à Versailles. A Nantes, première coordination nationale, réunion de plusieurs collectifs autonomes : Toulouse, Vannes, Pau, Strasbourg, Nantes, Paris-Jussieu, Paris-EDF XVIIIe Rennes, Saint-Brieuc, Morlaix, Guingamp, Cholet, Auch, La Roche-sur-Yon, Rostrenen sont présents.
21-02 : à Lille, concert de soutien aux emprisonnés de Cash Converters et aux chômeurs inculpés. « Déjeuner rapide » dans un supermarché à Nantes. Occupation du casino de Deauville par des chômeurs des coordinations de Haute et Basse-Normandie : Ils ont jeté en direction des joueurs des imitations de billets de banque sur lesquelles ont pouvait lire : « Tous ensemble on continue, un emploi c’est un droit, un revenu c’est un dû. » (Journal de province)
23-02 : départ de la marche des chômeurs de Vaux-en-Vélin à l’initiative d’AQ, du MIB et de la CNT : Lyon, Montluçon, Limoges, Poitiers, Chatellerault, Saint Maur de Touraine, Tours (d’où part une autre marche : Vendôme - Beaugency - Orléans - Pithiviers- Melun -Paris), Nantes, Rennes, Caen, Rouen, Vernon, Mantes, Nanterre. « II s’agissait d’une opération publicitaire à caractère médiatique menée par des militants professionnels essayant de redorer leur blason. Elle attira cependant des gens autres : les organisateurs, voulant rester "entre eux", s’en débarrassèrent en leur faisant faire une seconde marche. »
24-02 : à Paris, rassemblement à Châtelet le jour de la demande de mise en liberté (refusée) des quatre de Cash Converters. S’ensuit une manifestation spontanée dans le quartier, précédée d’une banderole Allez les pauvres et d’un camion musical qui offre le pastis. Puis occupation du théâtre du Châtelet et réquisition dans un bar par quelques dizaines de manifestants. Le soir, grand bal populaire au squatt de Charonne. Les serrures de l’ANPE et de l’Assedic de Limoux sont obstruées. Plus tard, action contre Manpower à propos de laquelle est diffusé un texte : MARDI GRAS A L’ANPE. Extraits :
Opération confetti, cotillons, serpentins, tout ça avec les affres d’emploi et la belle propagande de l’agence. L’ANPE de Limoux signait aujourd’hui un accord de collaboration avec les négriers de Manpower. Sous couvert d’insertion, encore un moyen d’exploiter toujours plus les précaires et les chômeurs. Par chance et par pure coïncidence, les serrures de l’agence étaient scellées, ce qui a permis la rencontre entre les Goudils du collectif Action justice sociale pour tous et la bande de l’ANPE. Une huile de l’agence nous confiait avec arrogance et mépris que tout en étant pour la privatisation de l’ANPE, il reconnaissait ne pas pouvoir vivre avec 2500 F par mois. Intéressant cas de dédoublement de fonctionnaire. Il ne restait plus qu’à faire carnaval avec les produits locaux.
Un tract, Les riches volent, les pauvres trinquent, est diffusé ; entre autres, il relaie la campagne pour la libération des quatre de Cash Converters, citant des extraits du tract de Paris, puis : Nous dénonçons cette tentative de criminalisation du mouvement, destiné à le faire taire. Dans cette répression, le système judiciaire fait preuve d’une complicité efficace. Le système judiciaire envoie une majorité de pauvres en prison : celles-ci sont pleines des plus démunis, de ceux qui sont toujours mis à l’écart, qui sont poussés à l’illégalité. Même si la relation entre chômage et délinquance n’est pas mécanique, les violences urbaines trouvent souvent leur origine dans le chômage, la précarité sociale généralisée et la pauvreté de masse, conséquence de la politique de l’emploi néolibérale. On peut « faire de la taule » pour travail au noir, pour défaut de papier, pour vol de produits de première nécessité, alors que les riches peuvent détourner l’argent public par millions, que des chaînes de magasin font du profit sur la misère des gens. Aujourd’hui, pour que les riches s’enrichissent, il faut que les pauvres s’appauvrissent !
QUI SONT LES VRAIS VOLEURS ? Les patrons, les multinationales, les boîtes d’intérim, la Bourse..., qui sont parmi les détenteurs de toutes les richesses de la planète et qui s’enrichissent chaque jour davantage sur notre dos ?
Ou les personnes auxquelles on refuse le droit de vivre, alors que les seules miettes qu’on leur accorde retourne directement dans les poches des banquiers, assureurs, huissiers, EDF...
25-02 : organisation d’un « marché aux esclaves » à Epinal. Manifestation de soutien aux emprisonnés à Montpellier. Occupation de la fédération PS à Nancy. Extrait du communiqué d’un marcheur parti de Vaulx-en-Velin à propos des 26-27-28 février : Les marcheurs en hallucinent encore : lors de l’occupation de l’antenne Assedic de Châtellerault où ils bivouaquaient mercredi 25 avec le fruit d’une réquisition de richesses chez Mammouth, ils ont reçu sur place un coup de fil du chef de gare leur demandant à quelle heure ils voulaient prendre le train pour qu’il puisse prendre ses dispositions, c’est-à-dire leur préparer des tickets ! Le lendemain à Tours, ils ont rendez-vous avec les Tourangeaux devant Auchan pour les actions de la journée et tout d’abord faire connaissance. Et voilà que le directeur de l’hypermarché en personne va à leur rencontre pour leur proposer « un gentlemen’s agreement ». Or les marcheurs n’avaient pas prévu de réquisition ! Mais qu’à cela ne tienne, ils ont aussitôt rempli un caddie avec un butin équivalent à environ 3 000 francs. Ils ont ensuite manifesté dans les rues, à une centaine, avec les associations de Tours (ACDC, MNCP, !AC, CGT, CNT...).
26-02 : journée nationale d’action. Occupation à Paris de l’ANPE XVIIIe. Journée Qui sont les vrais voleurs, décidée à la coordination de Nantes. A Nantes, devant le palais de justice, diffusion de tracts Qui sont les vrais voleurs. A Paris, balade avec désodorisation de restaus de luxe. A Bordeaux, sketch devant le Cash Converters de Villenave-d’Ornon où se trouve le patron national. A Marseille et Annecy, tractage devant Cash Converters et sit-in au palais de justice. A Rennes, affiches et bombages sur le thème de la « justice à deux vitesses », pour la libération des quatre emprisonnés. A Lille, rassemblement pour les emprisonnés et les inculpés. (Toulouse Strasbourg et Limoux ont également participé à la campagne contre Cash Converters...)
27-02 : occupation de la CAF de Carcassonne avec redécoration intérieure, barrage de pneus brûlés, auto invitation dans un restaurant administratif. A Strasbourg, déguisements en voleurs et gendarmes, sketchs devant un Cash Converters et un Crédit Lyonnais (toujours sur le thème Qui sont les vrais voleurs). A Lyon, rencontre avec des salariés de la Poste. A Clermont, inauguration d’un chalet construit en secret pendant la nuit sur la place de la mairie (place Jaude).
La suite lundi prochain...