mardi 9 septembre 2008 par Réseau Solidaire d’Allocataires
Les pauvres naissent-ils fraudeurs et menteurs ?
Certains individus ont-il une capacité à mentir innée, que l’on pourrait détecter infailliblement, et qui se retrouverait majoritairement chez les "bénéficiaires " de prestations sociales ?
Quel est le rapport entre les contrôleurs CAF, le FBI et les unités d’élite de la police sud africaine, les fameux Scorpions ?
La réponse à cette dernière question est IGACCE : IGACCE , c’est le nom d’une méthode "scientifique ", censée s’appuyer sur la sémantique et permettre de confondre immanquablement les "manipulateurs" grâce à un schéma pour conduire des entretiens. IGACCE est aussi une marque déposée, ce qui signifie notamment que l’enseignement de cette technique est payant.
C’est du moins ce qu’en dit une brochure, diffusée lors d’ une formation destinée aux contrôleurs et aux agents de la CAF, brochure qui nous a été transmise par un salarié, et que nous rendons publique. La direction de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, pourtant prompte habituellement à communiquer sur " la fraude" et les outils censés y remédier, s’est bien gardée de rendre publique l’organisation de ces formations.
Et pour cause, les premières lignes de la "fiche d’information générale" donnent le ton.
Comme l’a souligné le Chef de l’Etat (discours du 03 avril 2007), l’heure de vérité est venue. Chacun, dans ses domaines d’intervention respectifs, va devoir agir pour limiter la fraude : « Je mettrai tout en oeuvre pour combattre la fraude. Ne pas le faire, serait ne pas respecter les français ». Dans ce contexte, s’ouvrir aux techniques modernes de prévention et de détection de la fraude est une nécessité.
Le message est clair.
Qu’on se le dise, l’heure de vérité est venue, et le moment de trier le bon grain de l’ivraie aussi. Qui ne se lance pas de le djihad "anti fraude" est un mécréant qui ne respecte pas les Français.
Et se lancer dans le combat anti fraude, c’est donc s’ouvrir aux techniques modernes de prévention et de détection..
Mais de quoi s’agit-il-t-il, au fait ? Les fidèles qui croyaient dur comme fer qu’"Ensemble tout devient possible" seront déçus ; pas de détecteur de mensonge portatif, avec capteurs infrarouges et outil de calcul de la dilatation des pores, pas de petite mallette avec seringue et penthotal, gracieusement distribués à l’ensemble des agents du service public.
Beaucoup de phrases ronflantes, de références à des chercheurs qui feraient autorité, des photos du début du siècle d’historiens aux moustaches respectables qui ont utilisé IGACCE, pour finir sur quelques banalités peu onéreuses : l’observation des gestes qui "font ressortir l’inconscient", et la manière de mener l’interrogatoire.
Si IGACCE est une marque déposée, c’est que ses inventeurs ont fait une découverte extraordinaire qui avait échappé au FBI et aux Scorpions Sud Africains : on obtient plus d’informations en suscitant un récit ouvert chez le présumé "fraudeur" qu’en lui posant des questions fermées qui appellent une réponse par « oui » ou par « non »…
Si c’était tout, on pourrait simplement parler d’un énième gâchis de fric et de temps, propre à écoeurer non seulement les allocataires mais aussi les salariés confrontés à une surcharge de travail, au manque de personnel et à l’accumulation des retards de traitement et de versement des allocations.
Mais la lecture attentive des deux documents de formation fait apparaître l’évidence : cette formation ne vise pas tant à mieux coincer ces petits salauds d’allocataires qu’à formater le contrôleur ou l’agent de la CAF, de façon à standardiser son comportement et son regard sur les allocataires.
Jusqu’ici la mission officielle des contrôleurs CAF était la vérification des déclarations de l’allocataire, afin d’y repérer d’éventuelles décalages avec la réalité, et de réévaluer les droits en conséquence à la hausse ou à la baisse. Donc , éventuellement démasquer les « mensonges » et les « fraudes », concepts assez vagues, totalement subjectifs, et propres à toutes les dérives, comme ce site en fait régulièrement l’écho [1].
Mais nous n’en sommes plus là.
Rien de moins, comme nous l’explique la fiche générale :
L’intelligence sémantique « stratégique » ne se concentre pas uniquement sur la question de la crédibilité ou du mensonge. Elle vise, en effet, bien plus que le mensonge (chercher à discerner le vrai du faux). Elle traque l’intentionnalité : un "modus operandi" significatif de la présence d’une volonté qui cherche, de manière détournée, à en contourner une autre.
L’intelligence sémantique stratégique s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large que celui du mensonge : un cadre d’essence subversive. Il existe, en effet, une différence fondamentale entre le mensonge et la subversion. Dans la subversion, il y a toujours quelque chose de vrai. La subversion mêle en proportion calculée, un peu de vrai, mais récupéré au service du faux (c’est l’introduction consciente d’un noyau de réalité, dans un discours conçu à des fins d’influence ou de manipulation).
Comme on dit, c’est l’intention qui compte.
Même quand ils disent la vérité, c’est pour mentir, ou plutôt « pour la récupérer au service du faux ».
D’ailleurs, c’est bien simple :
Le mensonge est partout. Et qu’on le veuille ou non, l’Homme est spontanément menteur.
Et si l’Homme est naturellement menteur (la photo illustrant cette maxime représente d’ailleurs une Femme, pas de hasard si les descendantes de la Voleuse de Pommes sont majoritaires dans les statistiques du chômage), que dire de l’allocataire, ce fourbe d’ « essence subversive » ?
C’est une bien lourde tâche qui attend le contrôleur CAF ; désormais, il ne devra plus seulement être attentif à l’amant fortuné caché dans l’armoire, aux chaussettes bourrées de billets de banques et de bijoux anciens qui dépassent du tiroir. Tel un médium, il va lui falloir développer un sixième sens et repérer les fluides invisibles de la tromperie.
« Il s’agit, en d’autres termes, d’approcher les présupposés, les opinions valorisées ou dépréciées et les intentions sous-jacentes qui circulent à travers eux, afin de voir, dans quelle mesure ces discours servent des intérêts cachés ? »
On imagine l’effet d’une telle formation sur le salarié de la CNAF ou de la CPAM fraîchement émoulu, qui réalise brusquement qu’il lui faudra incarner la figure moderne de l’exorciste face à des possédés, à travers lesquels circulent « intentions sous jacentes » et « intérêts cachés ».
Si le ridicule ne tue pas, il peut malheureusement conduire au pire dans le cadre actuel de la législation : depuis les récentes réformes et notamment l’application du décret sur le « train de vie » [2], la suspension des prestations est désormais autorisée dès lors qu’il y a « suspicion de fraude ». La privation de revenu n’est plus soumise au rendu préalable du rapport de contrôle et à l’exercice des recours légaux de l’allocataire.
Désormais ceux-ci sont donc incités à se fonder sur la détection d’ « intentions sous jacentes », sur l’ « l’expression de l’inconscient » de l’allocataire, étant entendu que celui-ci est « menteur par nature ». On imagine l’avalanche de radiations préventives, à priori un outil peu sophistiqué mais efficace, pour arriver enfin à ce que l’allocataire, hagard et aux abois finisse par avouer les « intérêts cachés », et l’ « intentionnalité frauduleuse » dont il s’est rendu coupable à l’insu de son plein gré.
Selon les informations qui nous ont été transmises par des salariés « qui ne respectent pas les Français », ( la CAF va-t-elle tester IGACCE sur ses agents pour débusquer les « subversifs » infiltrés ?), cette formation a d’ores et déjà été dispensée dans plusieurs départements. Sur Internet, outre son utilisation par des cabinets d’hypnose, on en trouve trace dans le compte rendu d’une réunion de la Caisse régionale d’Assurances Maladie du Poitou Charentes.
De plus amples informations à suivre sur ce site dans quelques jours _ : en effet, en tant qu’allocataires particulièrement traversés d’ « intentions subversives », nous comptons bien aller nous proposer collectivement comme cobayes auprès de la direction de la CNAF pour cette expérimentation d’intérêt national. Que vous soyez salarié ou allocataire, si vous aussi vous respectez les Français, contactez-nous pour participer à cette dénonciation volontaire !
Permanence de lutte, pour et par des précaires, tous les mardis de 18h à 19h30, à la Maison des Associations : 15, passage Ramey - 75018 Paris - Métro Marcadet Poissonnier – Bureau « Les vignes » au 1er étage.
Réseau Solidaire d’Allocataires
(ctc.rsa@gmail.com )
[1] voir, entre autres, les récits de nos cafés des coupables franciliens : Le Café des Coupables à la CAF de Champigny (94) ou Le Café des Coupables à la CAF Jaurès ( 75019)
[2] voir à ce sujet notre article Le décret RMI : un train d’enfer
Par contre, lisez ceci :
« Information Contentieux
Monsieur,
Votre courrler recommandé du 05 février 2007 a retenu toute notre attention.
Vos ressources 2005 étant inférieures à 8,03 E X 812 = 652 E, nous sommes tenus de pratiquer une évaluatlon forfaltalre qui s’élève à 8.03 E X 1200 = 963 E en application des articles R 831-6 et R 532-8 du Code de la sécurlté Soclale dont photocopies jointes.
Nous avons le regret de vous confirmer que vos ressources 2005 ainsi évaluées font obstacle au bènéfice de l’Allocatlon Logement Sociale de juillet 2006 à juin 2007.
Je vous prle d’agréer, Monsieur, l’expresslon de mes salutatlons distinguées.
LA REDACTRICE JURIDIQUE »
Autrement dit, puisque vous ne gagnez très peu et que vous devriez avoir droit à l’allocation, nous appliquons une « évaluation forfaitaire » dont le résultat dit que vous gagnez TROP pour toucher l’allocation en question et nous nous torchons joyeusement de la réalité des faits...
Joli, hein ? Et juste, et démocratique, etc.
Mieux vaut en effet pleurnicher comme le chérubin à 10000 euros d’impôts sur le revenu, eh (on dirait qu’il s’y connaît quand il écrit finement « Quel pays de cons !!! ») ?
La CAF peut t’ elle s’appuyer sur la présomption de couple de son contrôleur et vous réclamer des indu en bloquant votre dossier avec la technique de l’ IGACCE ?
Deux personnes qui vivent sous le même toit ne sont pas forcément un couple gay, ou hetero... Il peuvent être simple ami... surement que oui, mais pas pour la CAF !
L’ambiguïté du questionnaire CAF qui vous demande de déclarer les personnes de la famille qui vivent sous le même toit, mais ne tien pas compte de la notion d’ami... bizarre, mais pourquoi ?
La CAF à t’elle le droit de définir a notre place nos orientation sexuel ? Oui...
La CAF a telle le droit de statufier une vie marital gay ou hétero, entre deux personne (simplement ami) qui vivent sous le même toit, mais en chambré bien séparé ? Réponse : Encore OUI !
Sans contrat de mariage, sans pacte civil de solidarité ( pour justifier le concubinage) La CAF s’octroie le droit d’ « accuser » des allocataire RMI d’ une vie de couple caché dans le but de touché un RMI auquel vous n’avez pas droit car vous êtes forcément un sale fraudeur (ou profiteur) si vous venez le demander !!! ( Bhouuuuu la honte ! ) Machination orchestré afin de revisser le RSA de ces allocataire a la baisse et de les mettre en dette vis a vis de l’administration qui se base sur la « présomption de couple » rapporté par leurs contrôleur (injoignable après contrôle) qui s’assoit bien sur votre dossier pour bien bloquer la situation le temps que vous crevé la dalle...
Car à la CAF on considère que c’est à l’ami qui partage le logement avec l’allocataire qui dois assumer ça réinsertion social et de lui donner 400€ d’indemnité par mois passé dans la précarité... (parole du contrôleur qui m’a contrôler et qui m’a mis dans la merde aujourd’hui)
Suite au « rapport tenu secret » de leur contrôleur assermenté dont je fais actuellement l’objet... Toute l’administration CAF me considère aujourd’hui comme un sale fraudeur profiteur... Il me menasse de porté plainte contre moi mais ne le font pas.... Je leur supplie qu’il le fasse mais il ne veulent pas non plus... ils préféré rien faire et me voir dans la merde.
Est ce normal d’après vous ?
L’IGEACC et la finesse de la CAF il faut pas trop chercher, il applique une loi complètement débile et je peut te dire que cela leurs coûte beaucoup plus chère qu’il le pense. il ferais mieux de voire l’argent gaspillé pour des marchands de sommeils dans des hôtel pouilleux ou des familles sont entassées. et de contrôlé les niches fiscal. fait une lettre en expliquant ton cas a la présidence de la république, au préfet , et au conseil général, je te rassure tout de suite ça sert a rien. nous pauvres gens nous sommes tous des voleurs, des magouilleurs, et des menteurs, c’est pour ça que les banques sont tombées a genoux et qui y a eu la crise mondial.
De fait, il sera d’autant plus nécessaire aux allocataires des CAF de faire valoir leur droit en cas de contrôle afin d’être représenté par un avocat ou de ne rien déclarer sans la présence d’un avocat ou d’un tier-accompagnateur issue d’une organisation, d’un syndicat, ou d’un collectif.
Merci à vous de publier ces plaquettes, leur lecture en est d’autant plus instructive sur les formations de certains des agents de la CAF.
Après une lecture attentive des documents sur le site du collectif RTO, il m’apparaît avec évidence les choses suivantes :
1. Il s’agit d’une supercherie pseudo-scientifique pour faire passer comme une invention géniale ce que les élèves de lycée appellent une "explication de texte". Quelques termes du genre "fonction praxique du langage", la citation de "linguistes et [d’]anthropologues du courant fonctionnaliste américain" ou d’un "célèbre professeur de l’Université d’Oxford" donnent une pitoyable caution scientifique à l’ensemble.
2. Ce maquillage pseudo-scientifique est en réalité une démarche marketing pour un produit commercial(IGACCE®) déposé à l’INPI. L’utilisation du produit de ce charlatan va donc être payante.
3. La démarche marketing de ce sinistre Bernard Florent repose sur la peur de ses semblables : "qu’on le veuille ou non, l’Homme est spontanément menteur" ! Il s’agit d’une paranoïa délétère, qui, par la peur qu’elle crée, incite à acheter ces produits sécuritaires.
Pour conclure, il faut se demander qui douterait qu’un contrôleur ou un inspecteur un peu futé est capable de percevoir tout seul les incohérences d’un discours mensonger, dont il maîtrise, en tant que spécialiste, les tenants et les aboutissement bien plus qu’un charlatan qui vend son képi comme une caution.
Par conséquent, les responsables qui acceptent d’utiliser une telle méthode sont au choix 1. incompétents 2. vendus 3. les deux.
Qui d’une personne qui essaye malgrès tous les moyens mis en oeuvres actuellement pour l’éjecter du dispositif RMI (450€/mois) de continuer a pouvoir survivre avec une somme aussi dérisoire, et tous ces politiciens et hauts-fonctionnaires profitant des fonds réservés a leur deplacements avec chauffeur et avion, sans compter tous les detournements de bien public des elites, qui donc est le vrai fraudeur ?
De qui se moque-t-on ? Si on veut respecter les francais, on fait la chasse a la delinquance de cols blancs.
Les sommes que les pretendus fraudeurs du RMI sont ridicules compares a ce que toutes les elites se mettent dans la poche.
Quand le gouvernement a ce genre de propos il se fout vraiment de la gueule du monde !
Un RMIste.
Je suis salarié de la CAF, pas contrôleur non, simplement technicien conseil...
Je m’étonne du contenu de votre sujet qui ne trouve aucun écho avec ce qui ce pratique ... en tout cas sur mon lieu de travail.
Je rappelle quand même que la CAF repose en grande partie sur un système dit "déclaratif", c’est à dire que nous prenons pour vrai les informations communiqués par les allocataires.
Les allocataires que je reçois chaque jour ne sont pas considéré comme des suspects, nos entretiens n’ont rien de garde à vue et je tente chaque jour de faire ce que je peux pour aider les gens qui viennent me voir.
Les contrôles sont évidemment obligatoire mais ne repose jamais sur des suspicions ou des dénonciations anonymes.
Le système est sans doute complexe, parfois injuste, parfois mal pensé mais loin du tableau scientologico-orwellien que vous dressez.
Vous avez sans doute raison de dénoncer ce qui apparait comme une injustice mais il serait dommage de dresser les usagers contre ceux qui comme moi ou des centaines d’autres techniciens chaque jour tente simplement de faire leur métier de manière convenable et humaine.
bonjour.
En tant que allocataire du RMI je n’ai absolument pas le même ressenti que vous.
Cet article ne dresse pas les allocataires contre les salariés de la CAF mais montre une pratique idéologique visant à se rependre. Elle est dangereuse pour les allocataires mais également pour les salariés de la CAF, y compris les contrôleurs (un petit bémol tout de même, car les contrôleurs sont volontaires pour effectuer ce boulot).
Cette "méthode" va au delà du "simple" contrôle en proposant un présupposé de fraude, et se propose de traquer la subversion dans les propos d’un allocataire.
"Les contrôles sont évidemment obligatoire mais ne repose jamais sur des suspicions ou des dénonciations anonymes."
Là vous allez un peu loin. Même si la CAF reçoit trop de dénonciations pour les prendre toutes en compte, les dénonciations ont déjà donnée lieu à des contrôles directes. Sans compter bien entendu la participation parfois active du voisinage lors du dit contrôle et qui servent d’éléments de pressions.
De même pour la suspicion, Les cibles déterminées par les conseils régionaux sont par définitions des situations où il y a suspicion. Le décret sur le train de vie est également rempli d’éléments uniquement basés sur la suspicion. Il ouvre des droits aux contrôleurs comme de ne pas se voir opposer le secret professionnel des établissements bancaires etc etc. Ceci sans même que l’allocataire en soi informé.
Pour avoir moi même vécu un contrôle et connaissant beaucoup d’amis en ayant subit, je peux vous affirmer que le ressenti est celui d’une accusation. Sans compter la suspension de l’allocation avant et pendant le contrôle qui est très fréquente et est une pratique où par définition on est présumé coupable.
Personnellement ce n’est pas contre les salariés de la CAF que j’ai envie de me dresser, mais contre la politique de criminalisation des pauvres. Du côté des salariés, bon nombres refusent d’endosser le rôle de flics des pauvres.
Mais les faits sont là, qui doit se sentir la cible de ces politiques de répressions ? Les salariés ou les allocataires ? Les deux, mais les allocataires sont actuellement dans la plus mauvaises postures.
Il ne s’agit pas de critiquer en masse les salariés de la CAF, mais de dénoncer les pratiques de cet administration et plus généralement de celles qui gère la précarité. De leur côté si les salariés de la CAF sont prêt à s’opposer à ceux qui se passe bon nombre d’allocataires les rejoindrai dans leur lutte.
Il faut éviter d’individualiser les situations, bien entendu certains salariés tentent de faire leur boulot humainement etc etc. Mais vu le nombre de décret, d’obligations de résultats etc etc ils vont avoir de plus en plus de mal à continuer leur pratique sans se faire taper sur les doigts.
Pour vous répondre, je peux vous assurer que dans ma CAF ( Celle de Lille en l’occurence), les dénonciations anonymes ne sont pas prises en compte.
Une dénonciation signée fait l’objet d’une demande de confirmation par un imprimé type ou la personne s’engage et prend connaissance du fait qu’elle s’expose à des poursuites en cas de dénonciation abusive ou non fondée.
Même chose pour les "soupçons" il faut qu’ils soit étayés par des faits pour générer un contrôle. Le Technicien doit motiver sa demande de contrôle et aucun des contrôleurs ne se déplacera sur une "impression" du technicien. Tout simplement parce qu’en plus d’être subjectif, une telle pratique deviendrait vite ingérable, les contrôleurs sont peu nombreux et les dossiers bien souvent complexes.
Un faible pourcentage de contrôle aléatoire existe cependant. Chaque année, quelques dossiers sont "tirés au sort" en quelque sorte et font l’objet d’un contrôle dont le but est d’ailleurs aussi bien de détecter d’éventuels indus que de provoquer des droits compte tenu de la complexité de notre législation.
Cela peut vous apparaitre comme une vision naïve ou de parti pris mais je vous assure que cela se passe comme ça pour le moment sur mon lieu de travail.
Nous ne sommes pas contre les allocataires, il n’y a pas de "prime" à la détection de fraude ou de chasse au sorcières, pas de quota de fraudeur à remplir...
Maintenant si le débat est : pour ou contre le contrôle la ne comptez pas sur moi pour m’indigner du fait qu’on puisse vérifier les situations ou les allocataires.
En réponse au message ci-dessous :
Même chose pour les "soupçons" il faut qu’ils soit étayés par des faits pour générer un contrôle. Le Technicien doit motiver sa demande de contrôle et aucun des contrôleurs ne se déplacera sur une "impression" du technicien. Tout simplement parce qu’en plus d’être subjectif, une telle pratique deviendrait vite ingérable, les contrôleurs sont peu nombreux et les dossiers bien souvent complexes.
Je me suis déplacée à la CAF de mon département pour déposer ma déclaration trimestrielle de revenu pour le calcul de l’Aide au parent isolé avec un ami qui m’a accompagné en voiture. Sur ce, la technicienne a demandé a cet ami ses papiers qu’il a refusé de lui montrer. Depuis mes droits sont suspendus car mon dossier est en cours de controle depuis 2 mois !!!! C’est pas une "impression" de la technicienne ça ???? Sous pretexte que je vis seule je n’ai meme plus le droit de me balader avec une personne de sexe opposé sans qu’une imbécile juge que je suis en couple......... c’est du délire. Depuis je ne touche plus rien, ni aide au logement, ni allocation de base, ni remboursement des salaires de l’assistante maternelle.... bref, je suis deja présumée coupable. Et vous dites que la technicienne doit "motiver" sa demande ???? pfffff, absurdité ! J’ai été voir une technicienne de la CAF et je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi on m’a suspendu mes versements avant meme d’avoir eu un avis du controleur, elle m’a répondu " ba faut croire qu’on est méchant".... C’est une réponse de professionnel qui veut aider les allocataires ça ????? signé : une mère en détresse financière à cause de la CAF !!!!!!!!!!!!
Histoire vécue : Allocation logement supprimée (il y a 10ans) pour motif ressources trop élevées lors de la nouvelle déclaration.
Après vérification qqs mois plus tard (document de calcul parvenu en ma possession), visite à la CAF, où on me certifie qu’effectivement, nous n’y avons plus droit. Demande de vérification, et présentation des documents déjà en leur possession : refus confirmé. Sur ce , je précise que j’ai fait le calcul et que moi, je trouve que j’y ai droit. Dans la minute, sans aucun autre justificatif ni aucune autre précision, nous y avons eu droit...... Comment avoir confiance alors dans le personnel de la CAF ? D’autres exemples possibles...
Première phrase du document "technique" :
Ainsi, lorsqu’un individu (à priori un fraudeur) s’exprime (oralement ou par écrit), il le fait toujours dans le but d’agir sur le contrôleur et de le convaincre que ce qu’il dit est vrai (même s’il n’en est rien).
Tout est dit... On passe de la présomption d’innocence, à la présomption de culpabilité.
Fantastique, nous vivons un monde fantastique au sens premier du terme !
Que fait on de la présomption d’innocence pour chacun-e de nous ?
Non contents de traquer le fraudeur, ils vont maintenant traquer l’intention.
Digne d’un scénario à la Orwell ou du film "precrime" où le criminel est arrêté avant même d’avoir commis son forfait.
Et entre le crime et l’indu CAF le plus souvent du à un dysfonctionnement de la machine ou a une erreur dans le remplissage d’un des multiples papiers à renvoyer avant même qu’on vous les demande... on frise le ridicule.
Ce serait risible si l’on ne s’attaquait pas à la pauvreté, aux précaires, à ceux et celles qui attendent leur allocation pour pouvoir acheter à manger, payer leur loyer ...
Mais non ! On fait la chasse aux pauvres qui, on le sait bien, ont tous et toutes l’intention de devenir riches sur le dos de la CAF.
C’est d’ailleurs pas le meilleur moyen entre nous soit dit !
ff, assistant social
Je découvre à l’instant cet article, et ce site par la même occasion et je me permets de vous féliciter. Je viens d’ailleurs d’ajouter votre adresse dans mes favoris ;)
En tout cas, même s’il n’y a pas vraiment de rapport entre nos sites, je vais en parler sur mon petit site de vtt dans la partie liens, ça intéressera certainement quelques internautes :)
En faisant une recherche sur le net tout simplement on tombe par exemple sur ça « Formation en somato-hypnothérapie en thérapie brève. AT/PNL/Orienté solutions/Systémique/symbolique Certifié en Analyse de Contenu (Méthode IGACCE) ».
Ce ramassis de charlatan de foire qui pourrait faire sourire, repose sur une idée : Le Contrôle. L’idée que l’homme doit se contrôler et/ou être contrôlé.(ex la PNL vise à contrôler le langage)
Si l’on regarde à coté du champs social celui de la santé mentale, où je travaille, on s’aperçoit que ce genre d’outils plait bien au gouvernement qui veut orienter la psychiatrie moderne vers le comportementaliste. Le sujet ne doit plus se soigner mais se conformer, contrôler et changer son comportement pour être insérable dans la société. En schématisant cela vient flirter avec tous les courants de pensée du milieu du XX siècle dans les régimes totalitaires où l’homme devait être éduqué pour correspondre à l’idéal en place. Le terme même de subversion revient dans tous les discours dictatoriaux et signe tout simplement la paranoïa des dictateurs.
La plupart des crédits actuels accordés en psychiatrie favorisent ces théories là au profit d’autre comme la psychanalyse par exemple. La psychanalyse et les méthodes qui s’en rapprochent ont leurs inconvenients mais au moins elle ne cherchent pas à rééduquer mais à faire qu’un sujet souffre moins et puisse mener sa vie le plus librement possible. Qu’un sujet puisse justement avoir la capacité d’être subversif.
Que ce genre de théories et d’amalgames fumeux servent de programme de formation à la CAF ou ailleurs, hélas n’est guère étonnant. Dans cette société paranoïde que devient la notre le gouvernement a des fantasmes de toute puissance qui passent par des délires comme l’IGACCE.
C’est vrai c’est tellement mieux de mettre notre argent là dedans que de construire une vraie politique sociale.
Tenez nous au courant des suites
PS La subversion est un moteur essentiel qui fait avancer nos sociétés et qui fait peur aux tirans.
EXISTER est SUBVERSIF
"Ce ramassis de charlatan de foire qui pourrait faire sourire, repose sur une idée : Le Contrôle. L’idée que l’homme doit se contrôler et/ou être contrôlé.(ex la PNL vise à contrôler le langage)"
Il faudrait mieux définir ce que vous entendez par contrôle et à quel type de contrôle vous faites référence. La CAf nous "contrôle" déjà en ce sens qu’elle possède des informations cruciales sur les personnes qui sont affiliées et encore plus pour les Rmistes lesquels doivent remplir une déclaration trimestrielle de revenus perçus sans parler du possible croisement des fichiers en cas de doute. La CAF nous contrôle déjà quasi totalement.
Pour ma part la pierre d’achoppement est bien là. Dans le croisement entre l’être administratif (représenté par le numéro de sécurité sociale par exemple) et l’être réel que nous sommes. Ces deux personnalités ont une existence mais ne se rencontrent pas. Il y a une véritable dichotomie lorsque ces deux se croisent.
L’intérêt est moins la référence aux techniques de manipulation du langage que le présupposé vraisemblable sur lequel repose ce fichier : "tout humain est menteur en général". C’est renvoyer la notion de vérité à la seule administration qui se chargerait de distinguer le vrai du faux pas nécessairement dans un but dictatorial mais dans un "surplus nécessaire" qui laisserait sous entendre, par retour, que la population vit dans une forme de "délire" ou de modèle qui ne correspond plus à la réalité exact.
Le danger est de faire intervenir à ce moment là un discours pseudo-analytique (comme la PNL ou l’intelligence sémantique) (qui amorce celui de la psychiatrie/psychanalyse par la suite) lequel sous entend que le problème est d’ordre psychique ou représenterait un désordre psychique que la société administrative se chargerait de corriger par ce type de méthode alors que la racine du problème est dans la construction sociale de la société qu’une administration génère via ses institutions politiques.
Toutefois il y a bien un trouble, une porosité qui se situe sur cette frontière (il y autant de personnes qui vont bien et de personnes qui vont mal). Le principe d’étanchéité n’existe pas, ce qui résoudrait nombre de problèmes parce que les cas seraient isolés. or c’est ce que tente de faire la politique actuelle, transformer une politique de solidarité nationale et collective en une régression socialisée où il n’existe plus que des cas isolés et assistés. Ce qui est beaucoup plus facile à traiter si j’ose dire d’un point de vue administratif. Voilà pourquoi un tel discours avec des résurgences analytiques surgit maintenant parce que l’analyse du comportement de l’individu renvoie à juste titre à la notion d’isolement ou s’il ne l’est pas on emploie tout une grille d’analyse afin de le séparer du groupe auquel il appartient.
Nous sommes dans une guerre sociale profonde et durable dont on ne commence à voir que les véritables buts aujourd’hui.
Si j’ai bien compris : on parle pour manipuler et défendre notre steak. On ne parle que pour mentir.
D’accord, j’accepte cette conclusion. Et je donc conclus que le guignol qui parle dans ce truc ment comme les autres !
Ca se mord un peu la queue son bidule.
"L’intelligence sémantique stratégique s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large que celui du mensonge : un cadre d’essence subversive. Il existe, en effet, une différence fondamentale entre le mensonge et la subversion. Dans la subversion, il y a toujours quelque chose de vrai. La subversion mêle en proportion calculée, un peu de vrai, mais récupéré au service du faux (c’est l’introduction consciente d’un noyau de réalité, dans un discours conçu à des fins d’influence ou de manipulation)."
N’EST-CE PAS CE QUE FONT HABITUELLEMENT - ET TRÈS NATURELLEMENT - LES HOMMES POLITIQUES, ET PLUS PARTICULIÈREMENT CEUX QUI NOUS GOUVERNENT ?
Hé... mais ils sont vraiment malade ! Ils sont dingues ! Ils vivent vraiment sur une autre planète ! Je le crois pas...
Moi, j’attends jusqu’à ce que je ne puisse plus faire autrement pour consulter, pour des soins, pour prendre des médicaments... et, il faut que je me débrouille pour ne pas être refusée, pour avoir une consultation, par des "professionnels de santé"...
Et eux (déjà qu’ils ne pensent qu’aux fraudes et qu’ils voient des fraudes partout), ils claquent NOTRE argent dans des trucs comme çà ! Et en plus, oui, ça à l’air de ressembler à un truc de secte (Scientologie ?). Et puis, ça à l’air tout aussi "sérieux" qu’un "atelier" ANPE.
Oui, c’est pas le même monde... Oauis, la "France d’en bas". On doit être des vers de terre sûrement pour eux...
Comme ça, de l’extérieur, on dirait pas comme ça... on n’imagine pas comment ça se passe à l’intérieur... on dirait...
Ça m’énerve bien cette histoire. Pfffff...
Salut,
Que des personnes aient du mal à croire ce genre de choses est étonnant. Les techniques de manipulation de langage sont parfaitement connues qu’elles s’appellent x ou y, elles reposent toujours sur les mêmes présupposés : impossibilité de savoir si une "information" fournie par une personne est vraie ou fausse (théorie de l’information) et comment savoir, déduire, le vrai du faux à partir de ce terrain subjectif (voir le premier paragraphe fourni par le rto en pdf ; édifiant). Cette problématique a même poussé des personnes ayant travaillé dans le renseignement à écrire des études sur le sujet, c’est dire...
Il existe même des techniques de "soumission librement consentie" qui ont été particulièrement utilisées dans des ateliers anpe afin de convaincre les personnes les plus récalcitrantes à signer tel ou tel stage ou intervention qui va l’aider à payer le financement de l’asso filiale de l’anpe non pas son parcours vers l’emploi ou si peu ; on trouve les livres sur le sujet dans n’importe quelle bonne librairie ou en recherchant sur le web.
Le problème sérieux est quand ces techniques sont utilisées à des fins politiques ou de discrimination officielles et qu’on charge que les petits soldats de la gestion administrative de la misère de faire un boulot qu’il est impossible de réaliser avec un minimum d’objectivité et de recul. C’est leur mettre une pression supplémentaire avec l’attrait de comprendre quelque chose du fonctionnement humain et on en connait déjà les dégâts en terme de résultats : une augmentation du phénomène de la stigmatisation de la part des agents envers les plus pauvres.
Donc, par contre coup, il y a des études réalisées par des cabinets indépendants chargés de faire comprendre qu’il ne faut pas trop stigmatiser quand même...
On tourne en rond pour ce processus. L’intérêt est de voir qu’avec la droite au pouvoir, on parle de "subversion". ce qui est la signature de sa rhétorique classique en plus des termes de "fraude", "profiteur", "assistanat", etc sauf qu’ici on justifie ces termes avec un verni pseudo scientifique : "intelligence sémantique" (tiens, cela veut dire quoi au juste ?). Il faut comprendre le sens, la signification de ce qui est énoncé par une personne sauf que ce n’est pas pour l’aider mais bien pour dénicher le fraudeur éventuel. On part d’un jugement à priori infondé mais supposé vrai et invérifiable "le mensonge est partout. Et qu’on le veuille ou non, l’Homme est spontanément menteur." Il y a un mot simple pour cela que j’ai déjà utilisé : cela s’appelle de la manipulation. Et quand on voit le mensonge partout, c’est une technique connue pour faire apparaitre de plus en plus de personnes au profil inquiétant voire subversif donc de la discrimination.
On a commencé avec les étrangers sans papiers indésirables, on continue avec les pauvres, on commence à s’intéresser aux bas salaires et aux personnes qui touchent le smic. Cela prend de l’ampleur un peu plus à chaque fois mais étape par étape. Et tout le monde marche dedans avec délectation mais je crois savoir que les bas salariés commencent à râler un peu. C’est un début modeste mais c’est un début.
Pas tout lu encore, mais quoi d’étonnant, hélas ?
Pas tout lu encore, car je profite (lâchement, on profite toujours « lâchement », hein !) du Wifi au café auquel je suis abonné depuis...
Bon, j’ai donc pas toutes mes archives sous le bras, mais en attendant les références du texte (dès que, je les précise... Et s’il y a un juriste dans la salle...), voilà un courriel du 2 mai 2007 :
« À l’intention de Mme [...], rédactrice juridique.
Madame,
En réponse à mon courrier du 30 janvier (2007 !), je reçois ce matin (déjà ?) votre courrier daté du 26 avril m’apprenant que, puisque je ne gagne pas assez, vous considérez donc que je gagne trop.
Le tout, en vous défaussant de toute responsabilité et en vous retranchant derrière « l’application des textes » (on a déjà pu constater le magnifique résultat de telles attitudes).
Concernant votre inspiration, je dois avouer que j’hésite entre Kafka et les Shadocks, et, s’il ne s’agissait (simplement) de ma survie, votre humour si particulier me ferait bien rire.
Il n’y a aucune raison que je garde égoïstement pour moi une telle source de réjouissance.
La presse, et les sites internet d’information vont donc pouvoir en profiter à leur tour, et, s’ils le jugent utile, largement mediatiser la manière si délicate que vous avez de remplir votre mission.
« Créer, c’est résister, résister, c’est créer. » (CNR)
—
Bonne réception.
[signature] »
Si cette info "énorme" n’est pas un hoax (vous êtes sûrs de vos sources ? Il peut y avoir instrumentalisation du Collectif de la part de l’ennemi ;-) , c’est une bombe ! Mais une bombe pas facile à amorcer.
En effet, on ne s’improvise pas psy et n’importe quel psy vous dira qu’il ne peut pas travailler efficacement avec un sujet qui par exemple ne maîtrise pas bien le langage (je pense à un contrôlé d’origine étrangère) ou dont le langage non-dit (gestuel, mimiques...) risque d’être conditionné par le contexte où se déroule l’entretien. Dans le cas qui nous intéresse, où il ne peut qu’y avoir rapport de forces, le "diagnostic" est d’emblée faussé, et par là éminemment contestable.
Je ne vois pas sur quelles autres bases que matérielles le contrôleur pourra établir son rapport, ni de quelle façon l’organisme qui l’emploie pourra justifier (devant quelle autorité ?) du caractère "subversif" des propos et des non-dits de l’allocataire soupçonné de triche.
Rappelons que le droit français ne reconnaît de preuves que matérielles.
Manifestement pas un hoax.
tapez Igacce sur google, en première page un lien vers le CR d’une réunion de la CRAM sur la fraude qui mentionne la présentation de ce dispositif.
Ou clickez sur le lien ci dessous
Délirant.
Trois remarques.
1 ) - Je croyais que les contrôles ne pouvaient s’exercer qu’à partir d’éléments objectifs.
2 ) - On n’est plus là dans une pratique de contrôle, mais d’interrogatoire. La présomption d’innocence est bafouée. Il est indispensable (et vous ne le répèterez jamais assez) que la personne faisant l’objet d’un contrôle se fasse assister, et que, autant que possible, le contrôle soit filmé. Lorsqu’il y a effectivement tentative de biaiser, de la part du contrôleur, lorsque le caractère inquisiteur entraîne un stress de la part de la personne contrôlée, il y a harcèlement, ce qui est reconnu comme un délit. Dans ce cas le dépôt de plainte doit être systématique, et c’est aux associations à faire leur boulot pour qu’il puisse y avoir constitution de partie civile.
2 ) - On glisse doucement du présumé délit de fraude (même si la présomption d’innocence est purement et simplement bafouée dans le cadre des contrôles CAF),au supposé délit d’opinion.
Là encore, il y a matière à agir (recours en Conseil d’Etat) au niveau des associations, et on espère bien qu’elles ne borneront pas à faire dans la réunion, la dénonciation et le constat.
Ce que vous dénoncez là, qui est très grave, appelle une riposte à grande échelle.
Depuis la disparition des soi-disants complexes de la droite, la présomption d’innocence devient un concept en voie de disparition.
Cette révélation, si elle est juste, va parfaitement avec les intentions d’application du fichier de surveillance edvige. Là aussi, on ne fichera pas des gens qui ont einfreint la loi, mais qui pourraient éventuellement, dans un avenir incertain, troubler l’ordre public.
Ici cela semble encore pire, car l’existence de l’énergie criminielle est déjà supposée. Il faut "seulement" des moyens appropriés pour la révéler, cette envie de frauder, de mentir, de nuire.
Je me pose une question : si on est tous un menteur ou fraudeur potentiel, avec une intention peut-être inconsciente mais existente et sous-jacente, pourquoi les contrôleurs de la CAF échapperaient-ils de la bassesse dont sont pourvus les allocataires ? Seraient-ils des êtres d’une honnêteté exceptionnelle ? Et les politiques qui nous gouvernent - en quoi seraient-ils différents des allocataires de la CAF ?
Soit on est tous profondément mauvais, soit ce n’est pas le cas. Le seul fait de recevoir une allocation de la CAF ne va pas nous rendre plus mauvais que quelqu’un qui vit de ses actions ou de son héritage.
Il serait temps que la colère provoquée par les injustices et la connerie ambiante perde, elle aussi, ses complexes.
Exactement, si "l’Homme est spontanément menteur", quid des hommes politiques et des agents CAF et ANPE ? Ils échappent à cette règle ?
Jeune diplômé au chômage, je suis abasourdi devant les méthodes de l’administration et surtout de l’ANPE, et je m’étonne de voir que dans un pays qui compte plus ou moins 2 millions de chômeurs et 8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, les allocataires (dont je fais partie) soient encore majoritairement considérés comme "coupables" de quelque chose. Comme si à notre époque, "s’en sortir" était facile.
On a l’impression de revenir aux méthodes policières de la fin XIX siècle. Fichage, suspicion, misère galopante... jusqu’où va-t-on aller comme ça ?
Bonjour,
Je travaille à la CAF de Nancy et les fraudes sont nombreuses.
Je ne dis pas ce qui se passe dans ma communi,ni au collège où je vais car je connais déjà une cinquantaine de familles qui fraudent,qui ont des iades supplémentaires du Secours Populaire,des Restos du Coeur et qui se plaignent !!
J’ai 20 ans de CAF,je vis seule avec 4 enfants et gagne 1100€ par mois (pas de droit CMU,refus Secours Populaire et Restos du Coeur car je travaille.
Vive la France et vive les fraudeurs !!!
Et les fraudes des hommes politiques, qu’en pensez-vous ? ça vous semble normal ?
Enviez-vous ces RMIstes obligés de frauder pour vivre un peu mieux ?
Avez-vous déjà été RMIste ? Si ce n’est pas le cas, abstenez-vous de faire la morale. Inquiétez-vous plutôt de l’argent que vous prélève l’état pour ses petits plaisirs.