Collectif RTO

Grèves dures ou grèves sur la durée ? (novembre 2008)

vendredi 28 novembre 2008 par Des grévistes du travail qui ne chôment pas

Piquet de grève : à défaut de blocage, le ralentissement

Employés de Postes Canada

Il n’y a pas qu’en France que les postiers sont mobilisés. Au Canada, 2000 employés (services techniques et administratifs, centres d’appel), sur les 77 000 que compte Postes Canada, se sont mis en grève le 17 novembre. Ils refusent le montant des augmentations de salaire proposées par leur employeur, ainsi que les modifications au niveau de l’assurance invalidité (en fait, les congés maladie) et de la sécurité de l’emploi.
Les salariés en lutte ne sont pas en contact direct avec le courrier, ils n’en ont pas moins perturbé la distribution. Des piquets de grève ont été organisés devant des bureaux de poste ou des dépôts postaux, notamment à Ottawa et Montréal. Ces piquets ont ralenti des camions de livraison, et de nombreux collègues, par solidarité, ont refusé de franchir les piquets de grève.

Ouvriers du groupe pharmaceutique UCB à Braine-l’Alleud (Belgique)

En octobre 2008, la société UCB annonce un plan social sur deux de ces sites : Bruxelles et Braine-l’Alleud (Brabant wallon), alors que la société fait des bénéfices. Très vite, les salariés se sont mobilisés et ont fait grève, notamment pour demander que les négociations se tiennent de manière commune pour les ouvriers et les employés.
Le 6 novembre, journée de négociations, les salariés ont organisé un barrage filtrant. Seuls les employés ont pu passé, mais pas les consultants externes. La direction a envoyé un huissier constaté le piquet et obtenu une ordonnance interdisant aux salariés de bloquer l’entrée du site sous peine d’astreinte.
Cela n’a pas empêché les ouvriers de réitérer le blocage le 18 novembre. UCB a dû de nouveau envoyer un huissier. Les salariés, en grève depuis une semaine, ont donc laissé le passage, mais en le ralentissant, par exemple en discutant avec les conducteurs des véhicules.

Grèves en série en Algérie

De nombreux secteurs sont en lutte de manière simultanée en Algérie, pour des revendications qui pour être simples n’en sont pas moins essentielles : un salaire qui permette de vivre, un travail qui ne mette pas la vie en danger, par exemple.
Les médecins, personnels hospitaliers et autres travailleurs de la santé ont fait 3 jours de grève qui ont duré jusqu’au 11/11/2008, pour des hausses de salaire. Les députés viennent de voter une augmentation de leur salaire à eux de ... 300% (record battu !) pour s’aligner sur les rémunérations de leurs homologues de Tunisie et du Maroc. Les travailleurs du secteur de la santé menacent d’une grève illimitée si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
A Béjaïa, des chauffeurs de bus ont débrayé le 25/11 pendant quelques heures pour exiger la remise en état de la route qu’ils empruntent, l’axe Tala-Merkha, celle-ci étant jugée dangereuse.
Les conducteurs de train eux aussi se mobilisent pour préserver leur santé quand ce n’est pas leur vie et celle des passagers. Ainsi, les cheminots et agents de conduite ont débrayé suite au décès dans l’incendie d’un wagon, d’un de leurs collègues, le 20/11 dans la région de Constantine. Le wagon était muni de barreaux empêchant de sortir en cas d’incident. Les agents ferroviaires dénoncent aussi l’absence de téléphone en état de marche dans de nombreux trains, ou les mauvaises conditions de résidence dans les maisons de repos.
Le secteur de l’éducation nationale est également en lutte, et d’autres encore...

Une semaine de grève pour des augmentations de salaire et une prime

A Saint Denis, dans le 93, se trouve une importante concession-garage Mercedes qui emploie près de 200 personnes. Une bonne partie des salariés se sont mis en grève pendant une semaine, à compter du 13/11/2008, ainsi que des collègues du site de Gonesse dans le 95, pour une augmentation de salaire de 150 €.

Les grévistes, dont certains ont suffisamment d’ancienneté pour se souvenir des avantages que la direction a retirés (prime de naissance, heures chômées la veille de Noël, ...), ont obtenu 82,50 € brut par mois en plus et une prime annuelle de 175 €. Les jours de grève pourront être récupérés en heures sup.

Blocage des abattoirs par des agriculteurs

Alors que se tenaient le 19/11 des négociations entre industriels de la viande (qui gèrent les abattoirs) et éleveurs bovins, plusieurs abattoirs étaient bloqués : Charal (Bigard) à Cholet, Soviba (Terrena) au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), La Châtaigneraie (Vendée) et Socopa (Bigard) à La Roche-sur-Yon et à Cherré (Sarthe)...
Des blocages qui ont duré au moins 48h... et qui prennent le relais de ceux organisés deux semaines auparavant, par exemple devant des usines Danone, ou plus récemment, comme à Ploudaniel, près de Brest, devant la coopérative Even, le 17/11 soir, lors d’un réunion de négociations sur le prix d’achat du lait.

Trois semaines de conflit et blocage d’une mairie à Tahiti

Après trois semaines de lutte de la moitié des employés municipaux de la commune de Taiarapu Est, dont la mairie est installée sur l’isthme de Taravao, à Tahiti, ont finalement bloqué l’accès à la mairie, d’abord avec un barrage routier puis par celui des entrées du bâtiment.
Le conflit porte sur la requalification de CDD en CDI.


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