Collectif RTO

Darcos propose que les proviseurs deviennent flics ? Pourquoi seulement les proviseurs ?

vendredi 22 mai 2009 par collectif rto

La Fraction Armée Rouge disait fort justement, il y a quelques années maintenant

« On fait partie du problème ou de la solution. Entre les deux, il n’y a rien ».

Aussi inattendu que cela paraisse, Xavier Darcos ne fait rien d’autre qu’appliquer cet adage en proposant que les proviseurs soient désormais investis du statut d’Officier de Police Judiciaire.

Il est clair, en effet qu’aujourd’hui la société française est déjà divisée entre flics et délinquants, de manière certes discrète et détournée.

Les fichés et les ficheurs. Les contrôlés et les contrôleurs Les radiés et les radieurs Ces catégories nous séparent quotidiennement, à Pôle Emploi, à la CAF, mais aussi dans les transports, dans les manifestations, à la Sécu, devant la pointeuse biométrique de la boîte, lorsque nous surfons sur Internet.

Seulement, cette propension bien française à ne pas vouloir appeler un chat un chat occasionne des dépenses faramineuses, et ne fait qu’augmenter le déficit insondable de nos fonds publics. Ces dernières années, en effet le nombre de forces de police et de personnels du Ministère de l’Intérieur n’a fait qu’augmenter.

Or bien souvent, le travail pourrait aisément être accompli par une seule personne au lieu de deux, et les économies de salaires pourraient se cumuler avec celles des locaux !

Ainsi, le proviseur investi du pouvoir d’un OPJ pourra non seulement fouiller les élèves, mais aussi contrôler leurs parents lors des réunions d’information, ce qui évitera des rafles fort couteuses en pleine rue. De plus, au vu de la violence qui sévit aujourd’hui dans nos cours de récréation et dans nos préaux, il apparaît évident que les récréations devraient être purement supprimées, ce qui permettrait d’aménager à peu de frais des centres de rétention dansles espaces loisirs de nos collèges.

Mais pourquoi s’arrêter à l’école ? Les réformes doivent être menées avec courage, et ma foi, lorsqu’on a décidé de fouiller les gosses, le plus dur est fait.

Aussi , serait-il judicieux et urgent d’attribuer le statut d’OPJ aux catégories suivantes de personnel, dans un premier temps

Les contrôleurs de la CAF :

Aujourd’hui, la tâche de ces agents n’est pas facile. Ils sont censés prévenir de leur visite, ce qui permet aux allocataires de planquer l’amant fortuné sous le lit et la Porsche dans la rue d’à côté. La durée des interrogatoires est limitée, l’allocataire peut en effet décider d’interrompre la conversation, sans risquer autre chose que la suspension de ses prestations.

Des contrôleurs investis du pouvoir de police seraient éminemment plus efficaces : une bonne garde à vue de quarante huit heures et l’allocataire sera plus enclin à avouer, surtout si sa porte a été fracassée à six heures du matin et l’amant sorti du placard lors de la perquisition, la fraude étant comme chacun sait une activité permanente , la procédure de flagrant délit est applicable tout le temps. De plus les accueils des CAF étant désormais fermés une semaine sur deux, par intermittence, il sera aisé de transformer les salles en commissariat et les boxes en cellule.

Les directeurs de Pôle Emploi.

Depuis quelques mois, les agents Pôle Emploi disposent déjà de machines infrarouges pour détecter d’éventuels faux papiers. Mais quelle utilité réelle, dans la mesure où le clandestin a la possibilité de fuir à toutes jambes au moindre soupçon ? La qualité d’OPJ permettrait à la direction de les interpeller immédiatement. De surcroît , et ce n’est pas négligeable au vu du nombre d’agents qui refusent d’accomplir cette tâche de contrôle, il serait possible également de prendre sur le fait ces récalcitrants et de les inculper immédiatement pour aide au séjour irrégulier.

Sans compter l’intérêt évident en cas d’envahissement par les collectifs de précaires : il suffit de fermer l’agence à double tour et l’occupation se transforme immédiatement en garde à vue. Avec la fusion, 70 pour cent des lieux d’accueil physique vont fermer en Ile de France : encore une fois, ce n’est pas la place qui manque pour des commissariats d’un nouveau genre.

Les bibliothécaires

Certes, l’on ne peut taxer le gouvernement de laxisme par rapport à la littérature subversive : auteurs supposés,éditeurs complices, et lecteurs consentants sont désormais considérés comme terroristes à part entière.

Seulement voilà, beaucoup trop d’auteurs sont morts comme des lâches avant la création de la SDAT. Et l’on ne peut immédiatement brûler tous leurs livres en place publique, certaines réformes nécessitent une préparation des esprits que seule la prochaine campagne présidentielle pourra mener à bien.

En attendant, qui est mieux placé que le bibliothécaire pour repérer le lecteur qui glisse sur la pente de la subversion, celui qui n’a pas encore emprunté Millenium , ni le dernier Amélie Nothomb mais a pris deux fois l’Enfant de Jules Vallès , par exemple ?

Car tout le monde et surtout le pauvre n’a pas forcément sa bibliothèque personnelle, et le statut d’OPJ offert aux bibliothécaires serait bien plus efficace que maintes perquisitions aussi spectaculaires qu’infructueuses.

Les vendeurs de magasins de bricolages

On ne le dira jamais assez : tout est une arme par destination et seule une bonne connaissance de la population permet de détecter l’innocent bricoleur de l’UMP du terroriste d’ultra gauche, l’adepte des barbecue du membre d’Al Quaeda.

Aujourd’hui, trop de délinquants sortent en toute impunité des magasins de bricolage, sous l’œil lucide mais impuissant des vendeurs. La qualité d’OPJ offerte à ces personnels leur permettrait d’interpeller de suite tout jeune de moins de trente ans qui achèterait un fer à béton alors qu’il a un livre dans son sac, car c’est l’un ou l’autre, honnête bâtisseur ou intellectuel saboteur.

Combien de Maghrébins barbus et hilares ne pourraient plus en toute impunité passer à la caisse avec une Butagaz et un paquet de vis ?

Last but not the least, il faudrait même commencer par là, les dames pipi et les garcons de café.

Car tout le monde n’achète pas des livres, mais tout le monde va pisser, et bien souvent , dans ce monde bruyant, les toilettes sont le meilleur endroit pour penser. Et les terroristes comme les délinquants l’ont bien compris, eux qui peuvent tapisser les murs des tinettes d’outrages innombrables aux piliers de la civilisation que sont le Travail, la Famille, la Patrie et le Président, et ressortir en paix après avoir tiré la chasse d’eau ?

Jusqu’à quand les toilettes resteront-elles une zone de non droit où la police ne pénètre pas ?

Bien entendu, ces réformes ne seront pas populaires dans l’immédiat. Mais il faut savoir prendre à rebours le bobo droit de l’hommiste pour court circuiter sa rhétorique anti française.

Il criera à la criminalisation de l’enfance ?

Nous lui répondrons que chacun a le choix, même et surtout les enfants. Ainsi à ceux qui auront passé les tests de dépistage de la délinquance juvénile avec succès, dès leur trois ans, on pourrait décerner la qualité d’officier de police judiciaire, dans l’enceinte familiale, car chacun sait que c’est là que les germes du vice et de la subversion naissent et fermentent avant de contaminer la société tout entière.

RESEAU SOLIDAIRE D’ALLOCATAIRES

Retrouvez-nous à notre permanence, tous les mardis de 18h à 19h30, à la Maison des Associations :

15, passage Ramey - 75018 Paris - Métro Marcadet Poissonnier – Bureau « Les vignes » au 1er étage.

Réseau Solidaire d’Allocataires- ctc.rsa@gmail.com


Forum

Accueil du site | Contact | Plan du site | Statistiques | visites : 1786876

RSSfr