samedi 27 juin 2009 par Réseau Solidaire d’Allocataires
Pôle Emploi et RSA : non, le harcèlement n’est pas une fatalité.
Ci-dessous le compte rendu d’une première action contre la tentative des Conseils Généraux d’orienter de force les Rsastes vers Pôle Emploi et le contrôle mensualisé obligatoire.
La loi sur le RSA est claire, sachons nous en servir
l’insertion professionnelle n’est pas une obligation, notamment en cas de difficultés sociales de tous ordre. L’on peut donc demander à en être exempté à son référent, avec ensuite un passage en commission, obligatoire tous les six mois. La décision finale incombe au Président du Conseil Général
Insertion professionnelle ne rime pas obligatoirement avec inscription à Pôle Emploi !
Nous avons le droit de proposer d’autres projets, et de demander à être orienté vers un suivi qui y corresponde !
En attendant un guide complet en cours de préparation, voici une manière concrète de résister au diktat de l’insertion forcée dans la précarité absolue !
Ce jeudi matin, je devais aller signer mon premier contrat d’insertion RSA. Ne sachant pas à quelle sauce j’allais être mangé, et ne voulant plus subir les pressions et menaces continuelles de mon référent, j’ai décidé d’y aller accompagné de membres du collectif RSA, car dans ces cas-là, seule l’action collective et le rapport de force permet le respect minimum des droits de l’allocataire.
Nous le suivons jusqu’au bureau de mon référent. Nous le voyons sortir de son antre et faire de suite un grand numéro, hystérique, la bouche dégoulinante d’une rhétorique à l’odeur de Vichy (ordre, morale et travail forcé), il dit qu’il me recevra seul – c’est l’amnésie habituelle de quelques secondes sur le droit à l’accompagnement, que nous nous chargeons de lui rappeler. Finalement, je rentre dans son bureau accompagné d’un membre du collectif.
L’entretien est tendu, le conseiller cherche continuellement à me faire culpabiliser d’être venu accompagné – je m’empêche de rire, tellement je trouve sa façon de faire pathétique. Extrait :
« Lui (cherchant à me culpabiliser semble-t-il, fronçant des sourcils) – De vous à moi, pourquoi vous êtes venu avec AC alors qu’avant vous veniez seul ?
Moi – La dernière fois, vous m’avez dit que je serais obligé de me réinscrire à Pôle Emploi aujourd’hui, alors qu’ils m’avaient désinscrit, du fait que le secteur très spécifique dans lequel je fais mes démarches ne s’inscrit pas dans le cadre de Pôle Emploi, je suis donc venu avec AC pour ne pas subir des pressions et ne pas être forcé de m’y réinscrire. Lui – Ah bon ? C’est juste pour ça ?
Moi (en pensées) – Il me prend pour un con ou il a vraiment un grain et s’identifie à la fonction comme un malade ? »
Là où ça bloque, c’est quand nous abordons la question de la réorientation vers une autre structure, qu’il justifie du fait que je suis au RMI depuis 2 ans – nous demandons à savoir où je serai orienté et de pouvoir assister à la commission de réorientation – réponse négative et hargneuse dans les deux cas.
Nous retournons alors discuter avec le sous-responsable, nous parlons un moment avec lui, en soulignant bien que je ne dois pas être orienté « par erreur » vers une association financée par la ville de Paris du type « suivi psy » ou « apprendre à récurer les chiottes en trois leçons » – cela arrive tellement souvent, mais pourtant il nous assure que la commission essaie de prendre les « décisions qui sont le mieux pour les allocataires », tout en reconnaissant qu’il faut remplir les cotas de la ville de Paris en nombres d’allocataires envoyés vers telle ou telle association.
Finalement il propose un RDV avec le responsable du centre d’insertion pour discuter de cette réorientation avant la commission (qui elle reste « inaccessible car confidentielle »), et prévoit de mettre ça par écrit au cas où mon référent refuse de l’insérer dans le contrat d’insertion.
Entre-temps ce dernier reçoit une autre Rmiste, nous attendons donc un certain temps avec le sous-responsable qui nous fait quelques aveux sur le RSA, comme quoi ça va être un bordel total, particulièrement pour le calcul des cumuls activité+RSA et que beaucoup de personnes ayant droit au cumul risquent de ne rien toucher durant un certain temps, qu’aucun seuil n’avait été fixé pour l’instant,… – pour le reste, c’est le flou total.
Il ne veut rien entendre du sous-responsable qui lui demande de mettre dans le contrat d’insertion ce RDV avec le responsable du centre d’insertion (Aaaahhh le zèle !!), finalement je l’écris dans la partie qui m’est réservée et je signe. Le référent nous fait vite sortir en grognant un « Au revoir » qui, on le sent, lui fait vraiment mal au cœur –
C’est sûr qu’il n’a pas dû recevoir de « nonosses » ce jour-là, mais il a bien pu se consoler en tchattant sur msn, comme il le fait à longueur d’entretien (Quel professionnalisme ! Quel intérêt porté à la particularité de la situation de chacun !)
Nous allons donc avec le sous-responsable mettre par écrit ce RDV dans une lettre au responsable du centre d’insertion – avec énième répétition de tout. J’en profite pour souligner encore plus l’incompétence de mon référent concernant mon secteur d’activité et de nouveau que « du fait de la très grande spécificité de ce secteur d’activité, que peu de personnes connaissent, il est d’autant plus nécessaire de discuter très précisément de l’endroit où je serai orienté, pour que ça corresponde à ma démarche ».
Je comprends, à travers plusieurs sous-entendus, que ce devrait être finalement une Capi, mais « à voir avec le responsable du centre d’insertion ». Voilà. Donc je recevrai une convocation (« Heu… invitation ! ») pour rencontrer, accompagné de quelqu’un du collectif, le responsable du centre d’insertion, à priori en juillet ou septembre.
Grâce à cette action collective, j’évite et une réinscription inutile à Pôle Emploi (obligeant à un pointage mensuel tout aussi inutile à l’autre bout de Paris tous les mois), et d’être orienté « par erreur » dans l’une de ces associations nauséabondes que finance la ville de Paris pour "réinsérer" à coups de psy ou de balayettes à chiottes.
Mais combien de personnes qui n’osent pas agir collectivement finissent au casse-pipe – certains se jetant par la fenêtre tellement cela devient un enfer invivable ?
RESEAU SOLIDAIRE D’ALLOCATAIRES
Contrôle CAF, refus du RSA ?
Avec le RSA vos revenus baissent et vous n’y comprenez rien ?
On vous refuse la prime pour l’emploi
Vous galérez avec la CAF, l’ANPE, la Sécu, ou les services sociaux ?
Avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, la solidarité est l’arme des précaires !
Venez nous rencontrer, vous informer, rencontrer d’autres précaires pour faire valoir vos droits aux permanences de lutte du Réseau Solidaire d’Allocataires.
A Paris : tous les vendredis de 18H à 19H30 à la Maison des Associations du 18ème arrondissement, 15, passage Ramey - bureau "les acacias" 1er étage.
Métro Marcadet Poissonniers
Contact Tel : 09 54 70 66 22
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Site : http://www.collectif-rto.orgChaque semaine, nous sommes présents devant des agences Pôle Emploi et des CAF d’Ile de France. Contactez nous par mail pour les dates et lieux exacts. Si vous nous écrivez pour un problème précis, n’oubliez pas d’indiquer votre département d’origine !
Bonjour,
Si vous êtes sur Paris et sa proche banlieue, venez à notre permanence.
Sinon, retournez à Pôle emploi avec quelques personnes (si possible) et exigez de voir la direction. Ne bougez pas de là tant que vous ne l’avez pas vue. Essayez aussi de voir ça avec un référent de votre centre d’insertion.
Bon courage !